‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaine (volume 2)Chapitre 219 sur 353 · Cyprian., epist · texte numérisé non relu

Cyprian., epist

LIVKE m. — CHAPITRE II. 273

de quatre-vingts ans que le christianisme était constitué au nord des Alpes, il y avait fait peu de progrès ' ; et sous le règne de Philippe, il ne dépassait guère les positions qu'Irénée avait conquises pendant sa vie. L'église lyonnaise, si recommandable parla science, s'endormait un peu au bruit de sa gloire-, elle s'occupait plus des besoins généraux de la chrétienté que de sa propre extension, et des disputes du dedans que des victoires du dehors. La langue grecque, qu'elle employait de préférence, pouvait être aussi un obstacle à relficacité de son action. Une autre considération dut frapper également Fabien. Cette église n'était point fille de Rome: et, malgré l'appui qu'elle prêtait au siège apostolique, dans plus d'une circonstance elle l'avait embarrassé, elle s'était présentée à lui comme une égale et comme un juge : la .raison et l'orthodoxie se trouvaient alors de son côté; mais une autre fois ne pouvait-elle pas faillir? II est permis de supposer que Fabien, en vue de l'unité de gouvernement et de la suprématie de son siège, se souciait peu de laisser la communauté gallo-grecque régir en maîtresse toute la Gaule. Il songea donc à ranger cette grande province sous l'influence de l'église romaine, et prépara à cet effet une mission. En la composant, son choix ne se porta point sur des docteurs habiles, comme ceux que produisait la savante école d'Irénée, mais sur des hommes simples, puissants par le caractère et par l'expérience, sur de bons ouvriers, tels que ceux que cherchait le père de famille pour sa vigne, dans la parabole de l'Évangile. La mission fut nombreuse; et à sa tète

1. Tardo progressa, iii rcgionibus nostris, apostolonim praedicatio coruscavit, quum rarœ in aliquibus civitatibnsecclesiœ, paucorum Christianoruin devotionc, coiisurgerent. Act. S. Satiiniiiii, ap. Ruin., p. 130. Cf. ibid., not. '2.

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Fabien plaça sept évêqiies des ualloiis : Paul, Tiophiiiie, Saturiiiiiiis, Stirmonius, .Martial, Galianus ou Galion, et Dionysius, plus connu sous son nom vulgaire de Denis '. Elle se rendit par mer à sa destination, en évitant avec soin Marseille, dont on redoutait la haine passionnée contre les chrétiens-, car, disent les vieux actes, alliée inébranlable des liomains, au temps de son indépendance, elle gardait à leurs démons une fidélité non moins exemplaire ^ La mission, débarquée à Narbonne, ne tarda pas à se séparer ; Paul resta dans cette capitale de la Province, Trophime prit le chemin d'Arles, Saturninus celui de Toulouse, espérant, au moyen de ces trois villes, tenir tout le midi des Gaules. Martial et Gatien gagnèrent les contrées de l'ouest, où régnait sans contestation la double nuit du paganisme romain et du druidisme : le premier catéchisa à Limoges \ le second à Tours ^ Enfin Denis et Strémonius se dirigèrent rers le nord. Ce dernier fit halte chez les Arvernes, tandis que Denis, continuant sa marche, et, passant successivement des bords de la Loire à ceux de la Seine, alla s'établir dans une île, depuis bien fameuse, et dans cette bourgade de Lutétia, qui est aujourd'hui Paris.

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