CHAPITRE III
Mon de Philippe ; avènement de Décius. — Édit de Décius contre les chrétiens. — Situation intérieure de la chrétienté ; son relâchement ; ses fautes; ses défections. — L'évêque d'Arles, Trophime, sacrifie aux divinités païennes avec tout son peuple; il est remplacé par Marcianus. — Son repentir et sa pénitence. — Schismes de Félicissimus , qui soutient les tombés, et de Novatianus, qui les exclut de l'Église. — Le nouvel évêque d'iVrles est novatien; les évèques transalpins écrivent contre lui; Cyprien de Carthage demande qu'il soit excommunié. — Opérations de la grande mission ; prédication de Paul dans la Narbonnaise ; martyre de Saturninus à Toulouse ; églises fondées par Strémonius chez les Arvernes et les Cabales, par ses disciples chez les Bituriges; Martial catéchise à Limoges, Gatien à Tours; Denis se rend à Paris; — Mort de Décius. — Valérien, d'abord favorable aux chrétiens, les persécute ensuite. — Aurélien dirige les poursuites contre les églises des Gaules. — Martyre de Denis. — Postume prend le gouvernement des provinces transalpines. — Valérien est fait prisonnier par les Perses.
Philippe, malgré toute son habileté, ne réussit pas à se maintenir plus de six ans sur la chaise curule des Césars. Il avait appelé autour de lui une foule d'x\rabes, ses parents ou ses amis, qui le servaient fidèlement, mais dont la rapacité confirmait trop bien la réputation proverbiale des hommes de leur race. Priscus, son frère, qu'il avait fait gouverneur d'une partie de l'Orient, et Sévérianus, son beau-père, qui commandait en Pannonie, pillèrent et opprimèrent ces deux provinces ^ jusqu'à les forcer à la révolte : en Pannonie, l'insurrection provinciale amena aussitôt une insurrection des armées. Le sénat apprit cette nouvelle avec une froideur marquée; et Philippe, inquiet de tout, n'osant ni s'éloi-