‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaine (volume 2)Chapitre 22 sur 353 · LIVRE I. — c:HAPITRb: J · texte numérisé non relu

LIVRE I. — c:HAPITRb: J

pagiiée de paroles solennelles, improvisées et répétées en chœur, et qui reproduisaient l'impression des circonstances dans lesquelles chaque nouveau règne s'ouvrait : on leur donnait le nom d'acclamations; et leur inscription sur les registres de l'assemblée servait à constater à la fois le vœu public et les engagements que le prince était censé prendre envers le peuple romain, au moment de son élection. Celles qui turent alors prononcées contenaient plus de haine contre Commode el les siens, que de marques d'affection et de promesses d'appui pour Pertinax. Un cri dominait tous les autres, celui qui réclamait des supplices, qui demandait instamment que le corps du gladiateur, du parricide, de l'assassin du sénat, fût traîné, avec le croc, au spoliaire de l'amphithéâtre où l'on jetait les gladiateurs morts; qu'il fût précipité dans le Tibre; que ses statues lussent brisées, sa mémoire abolie \ ses espions chassés des rangs de l'assemblée, ses délateurs livrés aux lions-. Quelqu'un ayant dit que déjà le cadavre avait été déposé au mausolée d'Adrien, on s'écria de tous côtés : « Par quel ordre? Qui a fait ensevelir l'ennemi du sénat^? » Et le consul Sosius Falco, apostrophant Pertinax, s'emporta jusqu'à dire : « Nous voyons bien quel empereur tu (( seras, toi qui viens ici élu par la maîtresse de Coni- « mode et suivi de ses bourreaux*. » La violence de cette

1. Gladiator in spoliario lanietur; qui senatum occidit unco traliatur ; gladiatoris statuœ detrahantur; parricida civium traliatur... Mar. Maxim, ap. Lamprid., Commod., 52.

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