‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaine (volume 2)Chapitre 225 sur 353 · LIVRE III. — CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III. — CHAPITRE III

lance réciproque, tout ce qui fortifie la ferveur des petites communautés. S'il faut en croire des contemporains qui altrijjuaient à la corruption même des fidèles ce châtiment que Dieu venait leur infliger par la main deDécius, on était déjà loin de la simplicité originelle; il n'y avait plus de désintéressement dans la conduite, plus de charité dans, les cœurs, plus de cette sainte rudesse qui éloigne le contact des vices. Les hommes peignaient leur harhe ; les femmes se fardaient; on se mariait avec des infidèles, prostituant ainsi les membres de Jésus-Christ aux païens*. On se déchirait avec des langues envenimées, on se haïssait, on se trompait. On méprisait les évêques, et les évêques, à leur tour, oubliant les devoirs de leur ministère, pour se mêler aux afïaires du siècle, abandonnaient leurs églises, et allaient, de province en province, chercher où ils pourraient gagner davantage"-. Les uns s'appropriaient le bien des pauvres; les autres ravissaient des terres et des héritages par fraude et tromperie; d'autres enfin accroissaient leur revenu par l'usure ^

L'éclat violent de la persécution mit à nu ces plaies delà société chrétienne, et montra quels ravages un mal caché avait déjà faits dans son sein. Dès les premières menaces, un nombre considérable céda sans résistance, surtout parmi les riches et les hommes élevés en dignité*. « Ils n'ont pas seulement attendu qu'on les inter-

1. CoiTupta barba in viris, in l'eminis forma fucata. — Jungere cum infidelibus vinculum matrimonii, prostituere gentilibiis menibra Cluisti. Cyprian., de Laps., p. 170.

2. Per aliénas provincias oborrantos, ncgotiatonis qua?stuosa' nundinas aucupari. Id., ibid.

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