LIVRI-: III. — CHAPITRE III
pour la plupart encore mal assises? Presque toutes se maintinrent fermes pendant le (langer. Toutefois, il résulte du rapprochement de différents textes qu'une d'elles, au moins, l'église d'Arles, donna le spectacle d'une grande chute \ rachetée par un grand repentir. Elle avait alors pour guide et pour pasteur Trophime, un des sept évoques envoyés en Gaule par le pape Fabien. A la honte de la grande mission qui montrait ailleurs tant de courage, ce guide s'égara lui-même, ce pasteur livra son troupeau-. Il n'est guère permis de douter, d'après la concordance des faits, que le Trophime évêque d'Arles ne soit celui-là même dont Cypiien parle avec une colère tempérée par la pitié, qui, s'étant laissé entraîner aux autels des païens, y fut suivi de presque toute la communauté, assez dévouée à sa personne pour vouloir partager jusqu'à son crime. Mais ce qui restait de fidèles inébranlables, soit clercs, soit laïques, le déposa et lui donna pour successeur un prêtre nommé Marcianus^ L'erreur de Trophime ne fut pas longue. Rentré en lui-même, il se condamna aux rigueurs de la plus dure pénitence ;et ce qui lui mérita surtout son pardon, c'est qu'il ne revint pas seul et qu'il ramena avec lui, dans le sein de l'Église, ceux que son exemple en avait éloignés*. Il y avait dans la confiance aveugle de tant
1. Cjprian., Epist. 09. — D. Vaissètc., llist. du- Languedoc, t. I, p. 132. — L'opinion que j'émets ici sur l'identité duTropliime archevêque d'Arles avec le Trophime dont pai'le S. Cyprien, a déjà été exposée avant moi : on peut consulter, entre antres ouvrages qui en ont traité, une Dissertation dans laquelle M. le marquis de Fortia d'Urban est parvenu à bien éclaircir ce point d'histoire ecclésiastique.
2. Cum Trophime pars niaxima plebis disccsseraf. Cyprian., Epist. 52.