‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaine (volume 2)Chapitre 243 sur 353 · LIVRE III. — CHAPITUE III · texte numérisé non relu

LIVRE III. — CHAPITUE III

faisait consister l'art de gouverner dans des minuties, fort louables d'ailleurs , qui caressaient la vanité patricienne, sans servir vraiment l'État; il était bon et on l'aimait; il était probe et on l'honorait ; mais quand les dangers publics l'arrachèrent aux exemples précieux qu'il donnait dans sa vie privée, ou à son rôle d'empereur populaire, équitable, respectueux pour le sénat; quand il fallut agir enfin, tout le monde l'accusa à bon droit d'avoir perdu la république ^

Les historiens ecclésiastiques reconnaissent qu'il se montra d'abord très-favorable aux chrétiens-. On peut croire que les barbaries de la persécution précédente avaient indigné son âme naturellement douce; mais aussi, un Italien tel que lui, nourri dans le scepticisme de la haute société romaine, ignorait ces instincts fanatiques que ressentait Décius, et la contagion des passions de la multitude n'arrivait guère jusqu'à lui. A défaut de ses propres sentiments, des païens plus énergiques se chargèrent de le stimuler, et nous mettrons en première ligne Macrianus et Aurélien.

Macrianus, homme certes très-distingué, mais ambitieux et crédule à l'excès, avait conservé tous les préjugés des classes inférieures auxquelles il appartenait ''. Jouet des astrologues et des magiciens qui flattaient son désir d'arriver à l'Empire et lui souillaient en même temps la haine des chrétiens \ il s'était habitué à voir dans le christianisme un obstacle à son but secret : animé

1. Vel infulicitate, vel iguavia. Eutrop., ix. — Zosim., i, 20. — Euseb., Ilist. eccl., vu, 10.

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