LIVRE III. —CHAPITRE III
liaient superflues : un personnage qui y commandait avec un mandat presque souverain, et sur qui se modelaient les autres fonctionnaires, Aurélien, ennemi mortel du christianisme, s'était bien gardé de perdre du temps en explications : il avait déjà ouvert la persécution qu'elle était à peine résolue. Né en lUyrie, d'un colon attaclié aux domaines d'un sénateur romain ^ et d'une prêtresse du Soleil - , il avait sucé avec le lait ce que le fanatisme païen renfermait de plus étroit et de plus haineux. Homme supérieur en tout le reste, et remarquable dès son enfance par une vivacité d'esprit, une force de corps, une fermeté d'âme, qui pronostiquaient en lui le soldat parfait, la guerre avait été sa vocation ; il s'enrôla et montra tout d'abord un tel goût des armes, que pour le distinguer d'un autre Aurélien, qui servait dans la même troupe que lui, ses camarades le surnommèrent Aurélien F er-en-3Iam^ . Encore officier inférieur, il battit, avec trois cents hommes seulement, une troupe considérable de Sarmates, et on prétendait qu'il en avait tué mille pour sa part en différentes occasions, et quarantehuit en un seul jour ''. Nous l'avons vu, en 2/tl, tribun de la sixième légion, cantonnée à Mayence, remporter sur les Franks un avantage signalé; et depuis lors, des victoires plus importantes sans doute, mais que nous ne connaissons point, lui avaient valu le titre de Restaura-
1. Pâtre Aurelii, clarissimi senatoris, colono. Aur. Vict., Epit., 35,
2. Matrem quideni ejus Callicrates Tyrius... sacerdotem templi Solis, in eo vico in quo habitabaat parentes, fuisse dicit, Vopisc, Aurelian., p. 210,
3. Huic signum exercitus apposuerat manus ad ferrum, ut si forte qusereretur quis Aurelianus aliquid vel fccisset vel gessisset, suggorcretur Aurelianus manu ad ferrum, atquc cognosceretur, Vopisc, Aurelian,, 211.