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voir par olles-nièiucs à leur saliil, sauf à ronoufr les liens (le coiiiiiiiiiiaulH avec le cœur de l'Eiiipire, plus lard et quand le danger serait passé? Celte seconde hypothèse est la seule vraie, la seule conforme aux faits particuliers de cette révolution, et aux idées générales qui j-égnaienl dans le monde romain, Je l'ai déjà dit ailleurs, le titre de Romain, les mots de Romanilè, de Romanie^, signitîaient alors ce que signifient de nos jours les expressions d'Européen, de civilisation européenne, d'Europe civilisée. Ces termes étaient les corrélatifs exacts de Barbare et de Barbarie ; et leur corrélation indiquait un grand classement du genre humain, devant lequel s'eiïaçaient tous les autres. Une fois Romain, on ne comprenait plus qu'on pût cesser de l'être. Entre les memhres de cette société de peuples, les discussions roulaient uniquement sur le plus ou le moins de charges à supporter, d'influence à exercer, d'avantages à recueillir. Les révoltes des provinces ne portèrent jamais, à cette épo({ue du moins, le caractère d'une véritahle renonciation à une existence en laquelle se résumaient toutes les notions de prospérité matérielle, de développement moral et de gloire. Tout en reniant l'Italie et les chefs qu'adoptait l'Italie, elles conservaient sur leurs monnaies \o \\[w de Rome éternelle-, comme une protestation solennelle de Romanité, comme une preuve qu'elles appartenaient toujours à la grande famille des peuples civilisés. C'est ainsi que l'empire des Gaules grava sur plusieurs de ses médailles l'image de Rome unie à celle de Postume; et que l'empereur gaulois, faisant la guerre à
1. Romanitas, PtojAavfa. Voir mon Tableau de l'empire romain, cli. m, p. 182.
2. RoM>t: .ETERN/E. RoHie assise tenant le Palladium, médaille de Postume, Mionnet, ii, G4.