LIVRE IV. — CHAPITRE I
l'empereur italien, n'en prit pas moins le titre d'Hercule romain ^ Quant aux armées, pour qui toute terre romaine était la patrie, elles embrassaient fréquemment la cause des populations séparées.
Lorsqu'une province rompait avec l'Italie, elle ne changeait rien au mécanisme de son administration : la vie municipale tenait une si grande place dans la constitution de celle société, que les afTaires journalières pouvaient marcher comme d'elles-mêmes et longtemps, au milieu des plus graves perturl)ations de la vie politique. Tout continuait à se régler dans les localités par les assemblées et les magistrats des ditïérents degrés ; seulement l'impulsion émanait d'ailleurs. 11 se formait d'ordinaire, dans la métropole du pays insurgé, un conseil qui remplissait auprès du César local, que les Italiens appelaient Tyran, les mêmes fonctions que le sénat romain près du chef reconnu par l'Italie. Tantôt c'était la curie, l'assemblée municipale de la métropole qui prenait le rôle de sénat politique -; tantôt c'était une )'éunion conventuelle de représentants délégués par toutes les grandes circonscriptions du pays, réunion qui existait en temps régulier avec des fonctions consultatives et temporaires; tantôt entin, et c'était vraisemblablement le cas le plus habituel, le nouveau sénat était composé par l'empereur de personnages notables, pris dans la province et dans l'armée insurgées.
Trêves, cité presque impériale, et résidence en quelque sorte forcée pour un empereur que les nécessités de la guerre retenaient près de la frontière et h proximité