‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaine (volume 2)Chapitre 272 sur 353 · LIVRE IV.- CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE IV.- CHAPITRE I

C'était d'abord, sur le haut Rhin, la vingt-deuxième Première, chargée de couvrir Taccès des Vosges*. Cette légion remontait aux premiers jours de l'empire romain. Auguste l'avait créée en Egypte et composée d'Orientaux; elle servit Vespasien dans les guerres de Judée, Marc-Aurèle dans les guerres germaniques, et Sévère lui donna son nom. Recrutée successivement d'Orientaux et d'Occidentaux, et passant d'une extrémité du monde à l'autre, elle n'en restait pas moins fidèle à ses vieux souvenirs : elle avait pour symbole, ou, comme nous dirions aujourd'hui, pour armes, le Capricorne, signe sous lequel Auguste était né, et un Hercule debout.

La sixième occupait Mayence. Formée et recrutée en Gaule, il lui appartenait plus qu'à toute autre de prendre part à une ré\olution de la Gaule. Elle devait à son origine le surnom de Gauloise, à sa constante fortune celui de Victorieuse. Elle alternait ses cantonnements entre les bords du Rhin et ceux de la Tamise -.

Dans son voisinage campait la (|uatrième Flaviennc.

i. Leg, xxir. pniMiGENiE. Eckhel, Doct. nuni. vet., vu, 452. Ces mt5dailles et les suivantes furent frappées en Gaule, au nom de Viclorinus, lors de son avènement au trône impérial, où Postume l'appela en 205. Les monuments très-nombreux laissés par cette légion sur les bords du Rliin indiquent le rayon de sa station. Ils ont été décrits dans le curieux recueil publié pur M. Steiner, sous le titre de Codex inscriptionum romanarum Rlieni. Darmstadt, 1837. On connaît jusqu'ici quatre-vingt-six monuments qui se rapportent à la xxii« légion.

2. Nous connaissons la présence en Gaule de la vi^ légion gallicane par la victoire qu'Aurélien, alors tribun, remporta avec elle contre les Franks (Vopisc, Aurelian., p. 211). Du temps de Dion (1. xl), elle était en Bretagne. — (V. Grut., Inscript., 457, 2). Les monuments qu'elle a laissés sur les bords du Rhin sont décrits dans l'ouvrage de M. Steiner, n*" 551, 620, 026, 642, 077, 0«1>, 740, 903.

Pieuse, Fidèle, qui avait pour insignes une tèle casquée entre deux lions '.

Près de Cologne, dans le camp de Trajan, stationnait la trentième Ulpienne et Germanique -, création du grand empereur dont elle avait pris le nom. Celle-là quittait rarement les Jjords du lUiin. C'était une de ces légions rudes, exigeantes, intraitables, dont les révoltes avaient tant de fois mis Rome en péril et fait payer cher aux empereurs les services qu'elles savaient rendre à l'Empire.

On trouvait ensuite la dixième qui portait le surnom de Fretensis, légion du détroit ^ parce qu'elle avait été levée dans la partie de l'Italie voisine du détroit de Sicile. Transplantée au milieu des brumes de la Germanie inférieure, elle s'y était formé des habitudes et des devoirs qui lui firent oublier le ciel de Rhégium et de Naples pour celui des Gaules. Elle conservait néanmoins religieusement dans ses armes le taureau, qui rappelait les pâturages et les riches labours de son pajs.

Venait enfin la Aingtième Forte et. Victorieuse : cantonnée longtemps sur la frontière de la Calédonie, elle en avait rapporté le type du sanglier, symbole numismatique de l'île de Bretagne, symbole aussi de la bravoure impétueuse qui caractérisait cette vaillante léaion *.

1. Leg. iiii. Fr.AviA. p. F. Eckhel, vu, 451. — Onze inscript. Stein., Il, p. 180.

2. Leg. kx\. llp. vict. p. f. Eckhel, vu, 452. — Steiii., Codex inscript. Rlieni, ii, p. 180 : vingt-sept inscript.

3. Leg. x, fretexsis. p. f. Eckliel, vu, 451. Cette légion est nienlionnée fréquemment sur les inscriptions : on la trouve tantôt en Espagne, tantôt en Germanie. Stein., Codex inscr. Rlieni, u, n" 9i6.

4. Leg. xx. val. victrix. p. f. Eckhel, vu, iol. — Stein., 685, 884.

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