‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaine (volume 2)Chapitre 273 sur 353 · LIVRE IV. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — CHAPITRE I

Outre les légions et les troupes auxiliaires romaines, Postume entretenait à sa solde plusieurs corps de Germains, principalement de Franks ^ qui, après s'être fait Lattre en Gaule, avaient pris partie pour la Gaule contre l'Italie.

Ce fut vers l'année 262 que Gallien, débarrassé de la guerre contre les Alamans et les Jutliungues, passa les Alpes avec Auréolus et une armée fière de ses victoires récentes. Entre des chefs si expérimentés et des troupes également Lraves, également animées de part et d'autre, la guerre traîna en longueur; on se disputa pied à pied les champs de bataille et les villes, sans qu'il intervînt rien de décisif. Postume eut d'abord l'avantage, puis il fut vaincu -, puis il se releva par une faute dont on accusa Auréolus, qui aurait pu, dans une occasion, s'emparer de sa personne et qui ne le fit pas, ou par mollesse, ou par secret calcul, pour conserver des embarras à Gallien ^ La lutte durait ainsi depuis une année, lorsqu'en 263, Gallien éprouva un de ces désirs immodérés d'amusement et de repos qui le maîtrisaient, et auxquels d'ailleurs il ne tentait jamais de résister*. Il partit brusquement pour l'Italie, laissant la continuation de la guerre entre les mains du général illyrien, dont il avait fait presque un collègue, mais qui, ne trouvant pas son intérêt à la terminer sitôt, la laissa marcher comme elle voulut. Rome, à qui les délais pesaient et qui, depuis

1. Adliibitis ingcntibus Germanorum auxiliis. Treb. Poil., Trig. tyran., p. 18.'"). — Multis auxiliis ccHicis ac francicis. Id., Gallien., p. I'ï8.

2. Longo bello rem modo fuliciter, modo infcliciter gessit. Id., GalliiMi., p. 177; Trig. tyran., p. 180.

• 3. Quum Postumum capere potis esset, a persequendo abstinuit, sed referons gradum dixit se eo potiri non potuisse. Zonar., xii, 24. 4. Romani cursu ra])ido convolavit. Treb. Poil., Gallien., p. 178.

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trois ans, ne recevait des provinces insurgées ni subsides, ni inip(Ms, ni iccrues, ni approvisionnements, criait à la Iraliison ' : Gallien feignit de n'y pas croire. Dans raccès d'indolence qui l'avait saisi, il aima mieux fermer les yeux au danger que d'être obligé de le prévenir.

Il jugeait aussi qu'il était bien lenq)s de se réjouir. D'un côté, la dixième année de sa puissance, comme Auguste, venait de s'ouvrir, et les empereurs célébi'aient ordinairement cet anniversaire par de grands jeux, qu'on appelait décennaux; d'un autre côté, les affaires devenaient favorables en Orient. Gallien voulait tout à la fois signaler par une solennité ce retour de la fortune, et s'illustrer lui-même par des magnificences dignes d'un César poète, et dont fexemple resterait aux générations à venir ^.

En effet, l'horizon s'était éclairci en Asie. Sapor, abandonné par la plupart de ses alliés, n'avait pu soutenir seul le poids de la guerre; et la férocité, dont il faisait parade ^ inspirant du courage aux plus lâches, les populations s'étaient soulevées en masse contre lui. Odénath et ses troupes, (]ui guerroyaient à peu près pour leur compte au milieu du désordre universel, voyant la chance tourner décidément du côté de Rome, tournèrent aussi avec elle : l'occasion était tentante pour des Arabes, car en pillant Sapor, ils enlevaient les dépouilles accumulées de la Mésopotamie et de la Syrie. Le roi des rois \it donc passer entre leurs mains et ses bagages, et ses trésors, et ses femmes, auxquelles, dit un historien, il

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