LIVRE 1,— CHAPITRE
Rome à leur chef, que cette solennelle remise des destinées de l'empire à leur patriotisme et au courage de leurs légions. On décerna la pourpre à Niger * ; et Antioclie célébra son avènement par clés fêtes auxquelles toute l'Asie accourut, où les rois alliés assistèrent pai' eux ou parleurs ambassadeurs, et où le grand roi des Parthes lui-même voulut être représenté -. Mais l'Orient fut trop souvent funeste aux chefs de parti dans les guerres civiles de Rome. Tandis que Niger se laissait enivrer par les charmes de l'idolâtrie asiatique, par l'encens des pompes et des flatteries, tandis que son armée s'énervait dans les délices de Daphné, un ri\al mieux avisé s'emparait de l'empire '.
Sévère connaissait mieux le prix du tomps. J'ai déjà fait connaître cet Annibal romain, d'abord aAocat, puis soldat, et bientôt le prenùer général de son siècle ; ce chef, tantôt palient, tantôt violent, sobre, opiniâtre, dissimulé, inexorable dans ses rigueurs, et que, par un jeu de mots qui le peignait bien, on a^ait surnommé (( l'homme de son nom '*. » Placé en Pannonie, à quelques journées de marche de l'Italie, il observait avec une attention intéressée la crise qui agitait Rome. Il tenait sous sa main onze légions, et disposait des intrépides populations dalmates et pannoniennes dont les recrues faisaient déjà de bons soldats. Du côté de l'ouest, il croyait pouvoir compter sur l'appui des Irois légions du Rhin, dont les chefs lui étaient connus, et sur l'assenti-