‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaine (volume 2)Chapitre 291 sur 353 · LIVRE IV. — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — CHAPITRE II

germe dans la tète du César gaulois, on n'en peut point douter, et la suite en fournira la preuve; quant à Victoria, elle se laissait peut-être aller aussi, de son côté, à des rêves magnifiques, ({ui lui faisaient entrevoir un trône à Rome et le protectorat de l'univers.

La catastrophe, dont la prévision inspirait de si vastes projets, ne se fit pas longtemps attendre : une révolte éclata contre Gallien dans l'année qui suivit l'avènement de Tétricus. Au commencement de l'hiver de 268, l'incertain Auréolus se décida enfin : à la tête des légions d'Illyrie, il se présenta dans l'Italie transpadane qui se soumit à lui sans coup férir. Mais Gallien, trouhlé subitement dans son repos, reti'ouva par la colère toute son énergie. Rassemblant à la hâte ce qu'il y avait de troupes disponibles sous sa main, il courut attaquer l'armée insurgée, la défit, et força l'usurpateur, après l'avoir grièvement blessé, à se réfugier dans Milan, qu'il environna d'une ligne de blocus*, attendant les légions de Mœsie et de Thrace déjà en route pour le rejoindre. La situation d'Auréolus était grave, car Milan ne renfermait d'approvisionnements d'aucune espèce, et ses troupes y manquaient de tout. Mais le général, qui avait vécu longtemps dans la familiarité de Gallien, qui connaissait et ses répugnances personnelles et les sentiments secrets des hommes qui l'entouraient, et qui d'ailleurs entretenait des intelligences dans le camp impérial, n'avait pas perdu tout espoir de salut. 11 savait que le préfet du prétoire, Héraclianus, sous le masque du dévouement, portait à l'Empereur une haine mortelle; que Marcianus, commandant des troupes de Mœsie et ami d'Héraclia-

1. Treb. Poil., Gallien., p. 181. — Aur. Vict., Epit., 33, Cœs., 33. — Zosini., I, 22. — Zoiiar., \ii, '25.

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