‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaine (volume 2)Chapitre 316 sur 353 · LIVRE V. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE V. — CHAPITRE I

troisième pareille à la première. En 278, il défendit la Rlîétie, la Pannonie et la Tlirace, ne faisant que changer d'ennemis et d'armées, non de labeurs et de périls. En 279, il était dans les vallées du Taurus, combattant les brigands de l'isaurie, puis en Egypte, combattant, près des cataractes du Nil, les barbares Blemmyes ; de là il voulait passer en Perse, lorsque le roi Vararane II, que tant d'exemples rendaient circonspect, vint au-devant de lui, sollicita la paix et l'obtint ^

Pourtant cette vie de fatigues avait bien des envieux -, ce pouvoir si rude à exercer, bien des prétendants, dignes ou indignes; en 279 et 280, il s'en éleva trois successivement, et tous les trois étaient Gaulois.

Saturninus fut le premier: homme bon et honnête, vieux soldat plein de droiture, il admirait Probus, qui, lui rendant affection pour affection, l'avait appelé au commandement de l'armée de Palestine. Jamais, dans ses plus grands accès d'ambition, le Gaulois n'avait osé souhaiter pour lui-même une place sur la chaise curule des Augustes; il la voyait toujours ensanglantée, environnée de pièges, surmontée d'une épée menaçante-, et il répétait à ses confidents, avec une sorte d'effroi prophétique : « Vous ne savez pas, mes amis, quel malce heur c'est d'être empereur^ » Son service l'ayant amené un jour dans la ville d'Alexandrie, il se promenait sur une des places, quand des groupes se forment sur ses pas et le suivent en criant: « Salut, Saturninus

1. Vopisc, Prob., p. 239 et 240. — Cf. Casaubon. ad Vopisc.,p. 245; Tillem., Hist. des Emper., t. III, p. 725.

2. Gladii et tela nostris cervicibus impendent; imminent hastae undique, undiqne spicula. Vopisc, Saturnin., 245.

Page 1