‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaine (volume 2)Chapitre 317 sur 353 · Nescitis, amici, quid mali sit imperare. Id., ibid · texte numérisé non relu

Nescitis, amici, quid mali sit imperare. Id., ibid

César; salul, Satiirninus Auguste M » Cette capitale de l'Egypte, la plus turbulente cité du monde romain, avait pris en aversion Proljus, on ne sait pourquoi; trouvant sous sa main un général esliiné, populaire, disposant d'une petite armée, elle s'était emparée de lui en quelque sorte et l'avait proclamé, en dépit de lui-même. Saturninus s'enfuit au plus vile; mais la renommée avait déjà publié son aventure jusque dans son camp, et ses troupes l'accueillirent par les mêmes cris de César et d'Auguste. II n'était plus possible de reculer ; l'armée de Palestine était compromise - : aux yeux du général, c'eût été la trahir que de ne pas se lier h sa faute. Il pril donc la pourpre; et, dans son allocution, il disait en pleurant aux soldats : (( La république perd en moi un sujet utile; elle (( ne gagne pas un empereur ^ » Probus voulait lui pardonner; mais les querelles de compétition à l'Empire intéressaient presque autant la vanité des troupes que la sûreté des Césars : l'armée envoyée contre Saturninus ne l'épargna point.

C'est en Gaule que se déclara le second rival de Probus ; celui-là du moins ne fut pas César malgré lui. On le nommait Proculus, et il était né à Albingaune, sur le golfe de Ligurie, au pied des Alpes maritimes \ d'une famille noble, indigène, qui se trouvait alliée, on ignore comment, à une famille franke. Dans ce recoin sauvage des Alpes, loin des grandes villes romaines, les mœurs

i. Nam ut primuin .-Egyptii magnam potestatein ad se \enisse viderunt, statim clamaverunt : « Saturnine Auguste, dii te servent! » Vopisc, Saturn., p. 245.

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