‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaine (volume 2)Chapitre 32 sur 353 · LIVRE I. — CHAPITRE J · texte numérisé non relu

LIVRE I. — CHAPITRE J

pline, maintenait autour de lui l'ordre le plus rigoureux : point d'excès, point de mauvais traitements, point de pillage; le soldat tremblait devant l'inexorable chef, et l'âme d'un seul homme semblait faire mouvoir toute cette multitude. Lui-même, au milieu de six cents hommes d'élite toujours cuirassés et armés, ne quittait sa cuirasse ni le jour ni la nuit^ 11 traversa ainsi la haute Italie, à grandes journées, sans coup férir; les passages fortifiés de l'Apennin s'ouvrirent devant lui; les troupes envoyées à sa rencontre se rangèrent sous son drapeau, et il vint asseoir son camp près de la ville d'interamne, à trois journées de marche de Home -.

Julianus, depuis la journée du grand cirque, s'attendait à l'orage qui fondait sur lui. 11 avait essayé de se prémunir, sur la côte orientale, contre un débarquement de Niger, vers le nord, contre une attaque des troupes de l'illyrie ou de la Gaule; mais, seul dans sa cause, repoussé par le sénat, raillé par le peuple, le malheureux flottait de projets en projets, tantôt emporté jusqu'aux Aiolences du crime, tantôt abattu jusqu'à l'abnégation la plus puérile. Tout était confusion dans ses préparatifs de défense. Il fortifiait le palais inqDérial comme s'il eût dû y soutenii- un siège contre la ville elle-même. Home présentait, sur tous les points, l'aspect d'une immense fabrique d'armes et d'un vaste camp où retentissaient, avec le bruit des maileaiix, le mouvement des manœuvres et le cri du commande-

viam lauroati, poitisquc eum patcntibus excipiebaiit. Herodiaii., loc, cit.

i. Spartiaii., Sever., GO.

2. Nusquam discedit ab arniis, scd dclcctis sexccntis optiiiiis miiitibus, médius inter illos, dies noctesque, versatur. Nec enim illi thoracem unquam exuerant, quia Romam attigerit. Dio, i.wui, 15.

'iQ HISTOHIE DE LA GAULE.

ment*. On exeirait jusqu'aux éléphants tirés des anipliithéâties et des ménageries, bêles rétives qui se cabraient et culbutaient les soldais dans leurs rangs -. Les prétoriens ne montraient, pour la plupart, aucune habitude des exercices militaires, et leur indiscipline mettait le comble au désordre.

Didius, désespéré, cherchait alors un refuge dans ses supei'stitions favorites; à défaut des secours humains, qui lui manquaient tous, il demandait à la magie des secours surnaturels, ou tout au moins une dernière illusion ^ Sa raison s'altérait sensiblement. Après avoir obligé le sénat, par des menaces, à déclarer Sévère ennemi public, et à le décréter de mort, il vint supplier la même assemblée de le lui donner pour collègue*. Elle fit mieux; elle déposa cet insensé, et proclama empereur le chef de l'armée d'Illyrie ^ La déposition de Julianus fut le signal de sa fin ; un tribun et quelques soldats, empressés de gagner leur pardon, allèrent le chercher au palais jusque dans la salle de bains, où il s'était caché, le firent agenouiller, le cou tendu, et le décapitèrent comme un criminel ^ Manlia Scantilla et Didia Clara, dispersées un moment par la frayeur, revinrent, avec la permission de Sévère, relever le corps mutilé, pour le faire transporter dans la sépulture de leur mai-

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