Id., Niger
3. Quum Severus in castris el tcntoriis , ((uasi pcr liostician vcniens, udluu- maneret. Td., Scver., 66,
32 HISTOIIU': Ui: LA GAULK.
meiils, les cliassèieiit presque uns à travers les champs '. Ce lut un joui' de joie pour le soldat légionnaire, dont la \ieille liaiiic contie son compagnon prétorien était enlin et si pleinement assouvie; un jour de joie aussi pour les citoyens qui purent se croire à jamais délivrés de cette milice tyrannique; mais l'erreur ne fut pas de longue durée.
Sévère fit son entrée dans Rome, à pied, entouré de sénateurs, au milieu du peuple vêtu de blanc, et à travers des rues ombragées de voiles, et garnies, à droite et à gauche, d'une foi'ét de rameaux verts, de lauriers et de fleurs -. Ses propos civils et son affabilité déridèrent les fronts chargés de tristesse. Mais, dès que la nuit fut venue, les soldats se livrèrent au désordre; des rixes amenées par le vin troublèrent la fête : rien ne retenait plus la soldatesque^; Sévère victorieux avait perdu sur elle son empire absolu. Le lendemain, pendant qu'il siégeait au sénat, un bruit tunuiltueux se iit entendre à la porte : c'étaient les légions qui réclamaient la gratification qu'avaient reçue, jadis, en pareille circonstance, les compagnons armés de César Octavien, gratification qu'on faisait monter à dix mille sesterces par tête. Les sénateurs pâlirent à la violence avec laquelle la réclamation se piésentait; Sévère lui-même en fut troublé; il vit que son armée lui échappait, et accorda la demande en la réduisant''.
1. Herodian., ii, 53, 54. — Dio, Lwiv, 1. — Spartian., Sever., 6G.