‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaine (volume 2)Chapitre 41 sur 353 · LIVRE I, — CHAPITRE · texte numérisé non relu

LIVRE I, — CHAPITRE

du sénat, il avait exigé qu'on lui demandât et qu'on attendît son avis ou sa décision sur les questions administratives les plus minimes. Des bords de l'Eupbrate, il datait des propositions législatives sur l'aliénation des biens des pupilles ^ et, sous les murs d'Antiocbe ou de Laodicée, il s'occupait de quelque monument, de quelque route à construire aux portes de Rome, et y faisait attacher son nom -. Toutes choses se traitaient de cette manière, et chaque nouvel acte était un affront qui augmentait l'irritation du César.

Mais la colère d'Albinus ne manquait pas d'échos autour de lui, et parmi les soldats de Bretagne, qui croyaient l'honneur de leur drapeau intéressé à celui de leur chef, et parmi les légions de Germanie, chez qui vivaient d'anciennes prétentions à la suprématie, avec des traditions de révolte, et qui ne demandaient qu'un prétexte pour donner cours à leur haine envieuse contre les légions de Pannonie. Les populations de la Gaule entraient aussi dans la querelle ^ mais diversement ; le peuple suivait, quoique lentement, l'impulsion partie des soldats ; tandis que les notables, en favorisant Albinus, croya'ent répondre aux désirs du sénat et préparer la résurrection du gouvernement civil. De la Gaule, le mouvement se propageait en Espagne, où stationnait une légion. Quant au sénat romain, composé en majorité de partisans d'Albinus, loin de réprimer les menées de son favori, il le stimulait sous main, il l'engageait à descendre en Italie, afin de fermer à Sévère ou le passage des Alpes orientales

Page 1