Herodian., in
G. Quum ad Albinum venissent, et epistolam dédissent, qua lecta, (Iiuim dicerent quaedam secretius snggerenda, et locum semotum ab om-
LIVRli I. — CHAPITRE II. 41
s'arrête brusquement, appelle ses gardes, fait saisir ces officiers, et commande qu'on les mette à la question. La torture possède, on le sait, le privilège des aveux : les envoyés de Sévère confessèrent tout ce qu'on voulut* ; reconnus coupables de complot contre la vie d'Albinus, ils furent mis à mort. Étaient-ils réellement coupables? Sévère en avait-il fait les instruments d'une trahison infâme, ou bien cette accusation et le meurtre d'hommes innocents ne furent-ils , de la part d'Albinus , qu'une manœuvre non moins infâme pour noircir son collègue et colorer sa propre trahison? On ne le sut jamais; et chacun des deux princes put adresser à l'autre l'imputation d'un crime odieux.
Il n'y avait plus à différer; de ce jour, la guerre était déclarée. Sévère se hâta de pourvoir à la sûreté de l'Asie ; et, se mettant en marche pour les boi'ds du Danube, avec une partie de ses légions et une partie de celles de Niger, il arriva à Viminatium, dans la Haute-Mésie, vers le milieu de l'automne de l'année 196. Là, il organisa l'armée qui devait agir confie la Gaule, et dressa son plan de campagne. Depuis qu'il n'avait plus rien à ménager envers Albinus, il .semblait prendre plaisir à exaspérer ce caractère qu'il connaissait irritable ^ : sa raillerie poignante allait le blesser jusque dans ses plus intimes faiblesses, sa vanité littéraire, sa vanité aristocratique, et même son goût pour le vin auquel Sévère affectait d'at-
nibus arbitris postularcnt, et quum oninino neminem paterentur ad porticuni longissiniam cum Albino progredi, ca specie ne mandata proderentiir, Albinus intellcxit insidias. J. Capitol., Albin., 82.
1. Qui diu primo perncgarunt, sed postea, victi neccssitate, confessi sunt ea quse Severus iisdem pra'ceperat. Id., ibid.
'2. Iraciindia gravi... Id., ibid. — Morum acrimonia... Id., ibid., 83.
trihuoi- le courage et les siicors iiiilitaii'cs de son i'i\al '. (( Tuiil ost t'aiissclé dans ccl liomiiuv disnii-il. mais sur- « toul sa noblesse *. '» Il liailail aussi de coules de \ ieille les Mih'siennes, que celui-ci a\ail coni])osées à riuiitation d'Apulée^. Il le dépouilla enfin du titre de César, qu'il conféra à son Mis aîné", Bassianus. sous les nouveaux noms de .Marc-Vurèle'-Aiit(uiin : puis une délibéi-ation de l'armée déclara solennellement Alhinus ennemi public, et Sévère écrivit au sénat pour l'engager à en faire autant. La lettre de l'empereur excita une violente ag tation dans l'assemblée; mais les amis de Sévère avaient repris de l'audace, et le sénatus-consulte passa non sans de longs débats \ Sévère sévit néanmoins forcé de retirer de Rome une partie de ses fidèles prétoriens, dont il allait avoir besoin. De son côté, Al])inus, débarqué en Gaule avec ses légions, s'était fait proclamer Auguste. Des levées d'hommes et d'argent s'opéraient de toutes parts dans cette province et dans celle d'Espagne. L'enqiereur gallo-breton écrivait à tous les notables des lettres par lesquelles il les sommait de se prononcer pour lui sans délai. La plupart obéirent par afîcction. d'autiTs par crainte; il y en eut pourtant qui eurent le courage de renvoyer les dépêches circulaires, et d'annoncer hautement leur neutralité -'.
Mais ce ([ui faisait la puissance du pai'ti de Sévère,
1. Et Severus quidem hœc de eodem loquitur, ut euin dicat tiirpeni , malitiosum , improbiim , inhonestum, cupidum, hixariosum , sed haec belli tempore... Ebriuin etiam in bello fuisse. J. Capiiol., Albin., 82, 83.
2. Fictum illum et ad omnia mendaciorum gênera paratum, qui nobilitatem quoque nientitus est. Id., ibid., 8i.
3. Milesias nonnuUi ejusdem esse dlcunt, quarum fama non ignobilis habetur, quamvis mediocriter scriptse sint. Id., ibid., 83.
i. Horodian., in, (JS. — Dio, i.wv, i. — J. Capitol., Albin., 82. .'). Herodian., ni, 00,