Dio, LXXV
6. Victores, magna ex parte, calamitateni lamentabantur. Id., ibid.
52 HlSïOini: DE LA GALLE.
guerres civiles, les larmes d'attendrissement sèchent vite : au premier signal du clairon, l'armée de Sévère se remit en marche, aussi convaincue qu'auparavant de la honte de sa cause, aussi impitoyahle pour ses ennemis, aussi insouciante pour elle-même.
Les troupes d'Alhinus devaient se rallier sous les murs de Lyon : l'armée victorieuse arriva presque aussitôt qu'elles au rendez-vous. La ville fut donc livrée sans défense au pillage et à l'incendie. Alhinus, contraint de se cacher , trouva refuge dans une maison voisine du Rhône \ où il échappa quelque temps à toutes les recherches. Voyant enfin la maison cernée, et ne voulant pas tomher vivant entre les mains de son ennemi, il se perça de son épée, suivant quelques-uns; suivant d'autres, il se fit frapper par un de ses esclaves-. Il respirait encore lorsque les soldats d'IUyrie l'emportèrent et allèrent le déposer devant le prétoire de leur empereur. Sévère accourut à cette nouvelle. L'aspect de celui ([u'il appelait naguère son ami et son frère ne parut réveiller dans son âme que des souvenirs d'outrages et que le sentiment du péril auquel il avait failli naguère succomber. Cet homme, qui s"étail montré grand en face de Mger mort, éprouva en face d'Alhinus un accès de colère sauvage qui ne décelait que trop la violence de ses passions africaines. On rapporte qu"il lança son cheval sur le corps gisant à l'entrée de sa tente ; et comme le noble animal, par une sorte d'instinct, se cabrait et refusait d'approcher, il le força, avec le mors et l'éperon, de fouler aux pieds ces restes encore palpitants ^ La tête,