‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaine (volume 2)Chapitre 52 sur 353 · LIVRE I. — CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE I. — CHAPITRE III

peine siir-le-cbamp; les Irente-cinq autres l'atleiidaient en prison, quand, plus tard, et contre toute espérance. Sévère leur pardonna K De l'enceinte de Rome, les poursuites s'étendirent sur toute l'Italie.

On comptait sur des vengeances, et en cela du moins on ne fut pas surpris. On savait aussi que Sévère avait donné à l'aîné de ses enfants le nom d'Antonin, et que lui-même prenait quelquefois sur ses médailles le titre de lils de Marc-Aurèle-: mais il y avait loin de ces marques de respect envers un grand homme, son bienfaiteur, à une adoption solennelle : celle-ci élonna amis et ennemis. L'adoption d'un particulier par un Empereur avait souvent conféré à l'adopté, sinon un droit de succession au trône impérial (il n'était pas liérédilaire à proprement parler), du moins une candidature naturelle que le sénat et les légions n'avaient jamais repoussée : c'élait même grâce à ce moyen que Rome, depuis un siècle, s'était recruté tant de bons Empereurs ''. .Alais un prince en possession du pouvoir, cherchant à acquérir une sorte de droit rétroactif par une ado|)tion iictive, et prenant pour père un auti-e prince mort depuis quinze ans, voilà ce qu'on n'avait jamais vu. Il fallait pourtant bien qu'une pareille fiction ne fût pas une chose tout à fait puérile, pour qu'un liomme fier et irritaj^le comme Sévère, au plus fort des haines soulevées contre lui, bravât le ridicule attaché à ce choix posthume d'un père, et excitât de gaieté de cœur la malignité publique, déjà éveillée sur l'obscurité de sa naissance '.

1. Dio, Lxw, 8. — Herodiaii., m, 7'i. — Spartiaii., Sever., 09.

2. Divi M. PII F. ET A\ToN. NEP. Spaiih., De usu et praest. nuin., ii, 507. — Eckhel, Doct. num., in-4'', Vindob., vir, 173.

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