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ineiU de l'ompirc romain, quoique le prince lïil tout ou à peu près tout politiquement, l'administration lui échappait par son immensité même; un mauvais empereur n'avait ni le temps ni la puissance de tout brouiller ou de tout opprimer. L'esprit de suite et de stabilité, inhérent au caractère romain, ne l'eût d'ailleurs pas permis; on touchait rarement aux lois administratives; on les violait par occasion, on ne les changeait pas. Le plus détestable règne n'était pas une révolution fondamentale; il traversait, comme un ouragan, les hautes régions du pouvoir, mais les municipalités et les corporations, où résidait la vie réelle et profonde de l'État, ne faisaient qu'assister de loin à ses ravages. Il y avait, en quelque sorte, dans Rome impériale, deux gouvernements, celui de la politique qui suivait les inspirations personnelles du chef, et celui de l'administration dirigé, à cette époque surtout, par les jurisconsultes du conseil privé. Or, l'organisation régulière des municipalités et des corporations fut achevée et perfectionnée sous Sévère et les Césars de sa maison. Loin de s'alarmer d'un Irnvail qui s'opérait hors de la sphère des débats politiques, ces princes le favorisèrent avec empressement; quelques-uns même y contribuèrent de leur science et de leui" expérience des affaires.
Qu'on me permette encore un mot sur ce double caractère des Césars, auteui's trop sou\ent de méchantes actions et d'excellentes lois. Le méprisable Antonin rut, dans son conseil, les plus savants et les plus honnêtes jurisconsultes qui furent jamais; et le meurtrier, souillé du sang de Papinien, n'en trouva pas moins, poui faire le bien sous son nom, Ulpien, Paulus et tantd'aulres dignes de figurer avec eux. Singulière, mais respec-