CHAPITRE L
Tableau de la Germanie. — Races du nord de l'Europe. — Peuples teutons : rameau germanique proprement dit; rameau suévique; rameau Scandinave. — Tentatives pour créer l'unité en Germanie : Arminius, Marobode, Civllis. — Politique des Romains vis-à-vis des Barbares, et progrès de leurs armes en Germanie. — Guerre de Décébale. — Guerre des Marcomans. — Révolutions intérieures de la Germanie ; les grandes confédérations se forment : Goths, Alamans, Franks, Saxons. — Campagne de Caracalla contre la confédération alaraannique; ses succès; il s'acquiert l'amitié des Germains.
Quand on jetle le.s yeux: sur une carte du nord de l'Europe, on voit qu'il est occupe presque entièrement par une immense plaine qui se déroule, h partir de la mer Baltique et de l'océan germanique, jusqu'au Volga vers l'Orient, et, vers le Septentrion, jusqu'aux solitudes polaires. Du côté du sud, cette plaine est terminée par les deux grandes chaînes des monts Hercyniens et Garpathes, au pied des(|uelles coulent le lîhin r( le Danube.
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Quelques ian^(''rs de collines, détachées des Carpathes, la silloiiiKMil A( is la inci- Aoire, et elle se relève un peu, à son centre, ])oui' roiiner le plateau où le Volga prend sa source. D'un bout à Tautre elle est libre, sans défdés, sans o])slaclos naturels à la inaiclie d'une armée; le passage en est aisément praticable en toute saison, et plus facile pendant l'hiver, quand la terre et les fleuves sont gelés. C'est le grand chemin des nations entr-e l'Asie septentrionale et l'Europe, chemin frayé par les migrations déjà accomplies, au temps dont nous faisons l'histoire, et préparé poui- celles qui devaient suivre, car l'Europe était toujours menacée par les hordes barbares de l'Asie : des nations entières se tenaient échelonnées à ses portes, depuis les steppes du Dnieper jusqu'à l'intérieur de ces vastes pays dont l'extrémité touche à l'empire chinois.
Trois grandes races d'hommes occupaient alors cette plaine de l'Europe septentrionale, avec les îles et presqu'îles qui s'y rattachent à l'ouest, et les montagnes qui la bornent au midi : c'étaient les races finnoise, teutone et slave. La famille des nations cim])ro-galliques, qui l'avait traversée autrefois', y possédait encore çà et là, comme représentants, quelques petits groupes isolés, perdus au milieu des masses de population ({ui dominaient maintenant la contrée -.
La plus reculée de ces races vers le nord, entre l'Océan glacé et les monts Ourals, était celle des Fennes ou Finnois; la l'ace des Slaves ou Vendes^ l'avoisinait au