LIVRE II. —CHAPITRE I
qu'il comparait à des tanières environnées de filets'; il Mtissait sa cabane, toujours isolénienl, près d'une fontaine, ou d'un champ, ou d'un bois, suivant le caprice qui le guidait. Un groupe de ces habitations éparses formait un bourg, une réunion de bourgs, un canton : c'étaient là les subdivisions de la peuplade ou cité^
La population se partageait en liommes libres, en serfs attachés à la ieri'e, et en esclaves personnels. Les seules occupations de l'homme libre étaient la. chasse et la guerre^, tandis que les femmes'', les vieillards et les infirmes soignaient la maison; le serf cultivait, et fournissait au maître desredevances en vêtements, en grains, en bétail"*; l'esclave était une chose qu'on pouvait détruire impunément''.
La classe des hommes libres renfermait un ordre à part, une noblesse, dont les membres sont appelés princes dans Tacite '. Il faut se garder de confondre ces princes avec les chefs elles inagisti-ats, toujours électifs : ceux-là étaient de simples particuliers, mais des particuliers puissants, auxquels s'attachaient, en qualité de compagnons, d'autres hommes libres qui les assistaient dans les guerres de la peuplade, ou les suivaient dans leurs
1. Ipsa oppida, ut circumdata retibus lustra, déclinant. Amm. Marc, \vi, 2.