‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaine (volume 2)Chapitre 91 sur 353 · LIVRE 11.— CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE 11.— CHAPITRE I

iiaires, des chefs qui rendaient la justice dans les cantons ; on leur adjoignait comme assesseurs et comme cortège, des hommes tirés du peuple, ordinairement au nomhre de cent *. Einhrasser les haines de sa famille était un devoir et un point d'honneur; mais rofïenseur pouvait conjurer la vengeance de rofl'ensé ou de ses parents, s'il entrait en composition : la compensation était admise, même pour le meurtre. Souvent, dans les affaires gi'aves, on recourait au duel judiciaire, dont l'issue était considérée comme un arrêt du ciel.

Presque seuls entre les hai'hares, les Germains se contentaient d'une femme, hormis un très-petit nomhre de nohles qui en prenaient plusieurs, dans le hut d'étendre leurs alliances. Des cérémonies simples et touchantes exprimaient l'indissoluhilité du mariage : le fiancé offrait à sa fiancée une paire de hœufs sous le joug, un cheval harnaché, un houclier, une framée, un glaive, et celle-ci, en retour, lui présentait une arme : douhle symhole d'une vie et d'une mort inséparahles ^ Des peines rigoureuses, infligées pai' le mari, punissaient l'adultèj'e, pi'esque ignoré d'ailleurs parmi eux^. Ils reconnaissaient dans la femme quelque chose de prophétique et de divin ; et celle chez qui ce inystéiieux pouvoir se manifestait avec éclat, devenue l'objet de la vénération publique, exerçait une influence souveraine jusque dans les affaires du gouvernement. Au nombre de ces prophétesses, ou plutôt de ces demi-déesses, on compta Véléda chez les Bj'uctères, Ganna chez les Semnons, et Aurinie, dont le

1. Centcni singiilis ex plcbe comités, consilium simul et auctoritas, adsunt. Tac, Germ., 12.

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