LIVRE II. -CHAPITRE I
même facilité de rapports; les privilégiés entre tous étaient les Hermunclures, admis à trafiquer, non sur la rive seule comme les autres Germains, mais à l'intérieur et jusque dans la colonie florissante qui servait de métropole à la Rhétie '. u Ils passent liljrement et sans garde « partout où ils veulent, dit Tacite; et tandis que nous (( ne montrons aux autres peuples que nos armes et nos (( camps, nous ouvrons à celui-ci nos maisons de ville et « de campagne, qui n'excitent pas ses désirs -. )>
Au reste la curiosité et l'amour du gain attiraient beaucoup (l(^ chefs germains sur les terres de Rome. Parmi les nations du midi, il se trouvait peu déjeunes barbares d'un rang élevé qui n'eussent visité les grandes villes de la Gaule et mém(^ la capitale de l'Empire, ou qui n'eussent servi sous l'aigle des légions comme auxiliaires. Beaucoup revenaient avec des grades, des distinctions de tout genre, même avec les titres de citoyen et de chevalier; et c'était dans celte milice à moitié gagnée aux conquérants, que ceux-ci prenaient leurs agents d'intrigues et les rois qu'ils imposaient à leurs ennemis ou à leurs alliés. Mais il arrivait parfois que ces hommes n'étaient ni timides ni traîtres, et qu'ils rapportaient dans leur pays, avec une intelligence plus ouverte, une passion plus vive pour la liberté. Ge qui frappait alors par-dessus tout 'eurs regards habitués à l'unité formidable du monde romain, c'était le morcellement de la (iermanie et l'éparpiilement de ses forces, qui la livraient doublement aux manœuvres de la politique et aux entreprises violentes des armes. Vouloir l'indépendance des