‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 104 sur 454 · LIVRE VI. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE VI. — CHAPITRE I

o aux Bellovakes pour implorer la douceur et la clémence 57 « de César, que César les écoute! ce sera porter au plus a haut degré le crédit et la considération de la cité « éduenne dans toute la Belgique. »

César sans doute n'aurait point traité suivant toute la rigueur de la guerre une population qui mettait bas les armes, des femmes et des vieillards suppliants; son intérêt même eût repoussé une telle barbarie. Cependant il parut ne céder qu'aux prières de Divitiac * ; et comme l'intercession des Rèmes avait sauvé Noviodunum, il voulut que les Édues pussent se vanter aussi d'avoir préservé de sa ruine une des plus importantes villes de la Belgique. 11 consentit donc à recevoir les assiégés à composition, leur fit livrer six cents otages et leurs armes, et passa de là sur le territoire des Ambiens, qui n'essayèrent pas de lui résister. Il se trouva alors sur la frontière de la nation nervienne2.

L'opinion générale en Gaule désignait cette nation comme la plus redoutable de toute la Belgique. Amoureux de l'indépendance sauvage des Germains, les Nerves regardaient en mépris les autres tribus de leur race adoucies par le commerce et les arts; ils reniaient celte fraternité et le nom gaulois, s'attribuant, avec orgueil, une origine germanique3. Tout accès chez eux était interdit aux marchands étrangers ; ils rejetaient l'usage du vin et les autres délicatesses de la vie, comme des voluptés honteuses, propres seulement à efféminer l'homme et à énerver son courage. La soumission des

1. Honoris Divitiaci atque /Eduorum causa. Cses., Bell. Gall., n, 14.

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