‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 106 sur 454 · LIVRE VI. —CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE VI. —CHAPITRE I

à eux; les Aduatikes étaient en marche pour les joindre, 57 mais ils n'en eurent pas le temps.

11 y avait déjà trois jours que César faisait route à travers les embarras du pays , lorsqu'il apprit de quelques prisonniers que l'armée nervienne, campée au bord de la Sambre, n'était plus qu'à dix milles de lui. D'après ce rapport, il fit partir en avant des éclaireurs avec quelques centurions chargés de choisir et marquer un camp; ceux-ci désignèrent une colline voisine de la Sambre, dont le sommet, descendait par une pente réglée jusqu'au lit du fleuve. Un grand nombre de Gaulois, Galls et Belges suivaient l'armée romaine, la plupart par curiosité, d'autres pour faire preuve de zèle, plusieurs pour lui nuire et l'espionner. Quelques-uns de ces derniers passèrent de nuit au camp nervien : ils informèrent Boduognat de l'approche de César .et de l'ordre dans lequel marchaient les légions, séparées les unes des autres par un long intervalle, et suivies chacune de ses équipages, lui conseillant d'attaquer la première au moment où elle arriverait sur l'emplacement de son camp. « Tout embarrassée de ses bagages et éloignée du « reste de l'armée, disaient-ils, cette légion n'opposera « aucune résistance. Celle-ci détruite, on aura bon mar- « ché des autres1. » Ce projet d'attaque était favorisé par la nature du terrain, et Boduognat ne négligea pas l'avis qu'on lui donnait.

Au pied de la colline choisie par les Romains pour l'assiette de leur camp, coulait la Sambre, et au delà, sur la rive droite, s'élevait une autre colline de même décli-

1. Neque esse quidquam uegotii... hanc sub sarciuis adoriri; qua puisa impedimentisque direptis, futurum ut reliquat contra consistere non auderent. Cœs., Bell. Gall., u, 17.

& vite que la première, nue à la base, assez boisée à la cime pour que la vue ne pût y pénétrer. Les troupes nerviennes se tinrent cachées derrière ce rideau de bois; quelques postes de cavalerie atrébate et véromandue se montrèrent seulement le long de la rivière, qui était profonde d'environ trois pieds1.

L'avant-garde romaine ne tarda pas à paraître : mais l'ordre de marche n'était plus celui que les Belges avaient dépeint à Boduognat et sur lequel celui-ci comptait. Vu la proximité de l'ennemi, César avait réuni six légions sans équipages; venaient ensuite les bagages de toute l'armée, escortés par deux légions qui formaient l'arrière-garde. La cavalerie légère, soutenue des frondeurs et des archers, précédait les légions et battait le pays. Cette avant-garde ayant aperçu les postes de cavalerie qui gardaient la rive droite de la Sambre, passa la rivière et engagea le combat avec les cavaliers belges, qui tour à tour se repliaient dans le bois et revenaient à la charge, sans que les Romains osassent les poursuivre au delà de l'espace découvert. Pendant ce temps, les six légions arrivèrent sur la colline, et, s' étant partagé le travail, commencèrent à retrancher le camp 2.

Dès que les Belges aperçurent la tête des équipages (c'était le signal dont ils étaient convenus pour attaquer), ils sortirent brusquement du bois, et dans le même ordre de bataille qu'ils y avaient formé, les Atrébates à la droite, les Véromandues an centre, et les Xerves à la gauche, ils se précipitèrent avec une incroyable rapidité vers la Sambre. La cavalerie romaine se trouvait sur leur passage, elle fut culbutée et repoussée de côté. En un mo-

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