LIVRE VI. — CHAPITRE I
ment, on les vit sortir du bois, traverser l'eau en combattant, gravir la montagne, et assaillir les travailleurs; en un moment, la mêlée fut générale. Dans cette attaque inopinée et si chaude, les Romains n'eurent le temps ni de déployer les étendards, ni de prendre leurs casques, ni d'ôter l'enveloppe de, leurs boucliers. Les légions, séparées par ces baies épaisses qui coupaient le terrain, ne se voyaient pas l'une l'autre, elles ne pouvaient observer ni règles de tactique, ni unité dans leurs manœuvres1.
Les Atrébalcs, qui formaient l'aile droite des Belges, attaquèrent la neuvième et la dixième légion. Quoique tout haletants de leur course, ils s'avancèrent avec vigueur et en se battant jusqu'à la crête du coteau. Arrêtés enfin et repoussés à coups de javelots, criblés de blessures, ils furent culbutés de l'autre côté de la Sambre, et beaucoup périrent en s' efforçant de traverser le fleuve. Les Romains l'ayant eux-mêmes franchis les Atrébates firent volte-face, et rétablirent le combat Au centre, la onzième et la huitième légion, favorisées également par la pente du coteau, firent reculer les Véromandues; mais ceux-ci, adossés à la rivière, disputèrent le terrain avec opiniâtreté. Les Serves, qui tenaient l'aile gauche, se dirigèrent en phalange serrée sur l'aile droite romaine, composée de la douzième et de la septième légion ; puis, par une évolution subite, ils tournèrent le flanc de l'ennemi, et les uns l'attaquèrent à revers, tandis que les autres gravissaient la cime du coteau pour s'emparer du camp 2.
En ce moment, la cavalerie romaine et l'infanterie légère, qui avaient été rompues du premier choc des Belges et qui pour lors revenaient au camp par un long