‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 108 sur 454 · Id., ibid., 23. — Dio, xxxix · texte numérisé non relu

Id., ibid., 23. — Dio, xxxix

13i HISTOIRE DES GAULOIS.

57 détour, rencontrèrent face à face la division nervienne sur le sommet de la colline, et s'enfuirent derechef dans une autre direction. Il en fut de même des valets de l'armée, qui, ayant vu la retraite des Atrébates et les deux légions passer la Sambre, commençaient à descendre pour piller. Lorsqu'en tournant la tête ils aperçurent l'ennemi au-dessus d'eux, ils se sauvèrent précipitamment, criant que le camp était pris. On entendait en même temps les voix des conducteurs de bagages que la frayeur entraînait de côté et d'autre. Des cavaliers que la cité trévire, par peur, avait envoyés à César comme auxiliaires, voyant le camp rempli de troupes nerviennes, les légions pressées et presque enveloppées, les valets, la cavalerie, les frondeurs, les Numides dispersés et fuyant de toutes parts, crurent la bataille désespérée, et reprirent aussitôt la route de leur pays, publiant avec joie que les Romains étaient défaits! et leur camp, tout leur bagage, au pouvoir des Belges1.

Peu s'en fallut que la nouvelle ne fût vraie. Lorsque César passa de son aile gauche à sa droite , il la trouva dans le plus grand danger. Les enseignes de la douzième légion avaient été réunies dans un même endroit, et les soldats entassés alentour se gênaient l'un l'autre pour combattre. Tous les centurions de la quatrième cohorte étaient tués, le porte-enseigne mort, l'enseigne prise ; presque tous les centurions des autres cohortes tués ou grièvement blessés. Le découragement et le désespoir régnaient parmi les soldats. Un grand nombre, dans les derniers rangs, désertaient leur poste pour se mettre à l'abri des traits. Cependant les troupes

4. Romanos pulsos supcratosque, castris impedimentisque eorum hostes potitos. Cses., Bell. Gall., n, 24.

nerviennes continuaient d'arriver du bas de la montagne 57 et de presser le centre, en même temps qu'elles tournaient les flancs. Partout les Romains trouvaient l'ennemi en face , des secours nulle part. Ce'sar sentit que tout était perdu sans un effort de courage extraordinaire. Comme il n'avait pas de bouclier, il arrache le sien à un soldat du dernier rang, se fait jour au front de la bataille, appelle les centurions par leur nom, encourage los légionnaires , fait porter les enseignes en avant , ordonne d'ouvrir les files afin qu'on puisse se servir de l'épée, commande l'attaque, et donne lui-même l'exemple1. Sa présence rendit l'espoir au soldat. Chacun cherchait à faire quelque grand effort sous les yeux du général , et l'impétuosité des Belges fut un peu ralentie. César, voyant que la septième légion , placée à côté de la douzième, était pressée non moins vivement qu'elle, fit passer aux centurions l'ordre de les rapprocher peu à peu, en les adossant l'une à l'autre. Cette manœuvre, au moyen de laquelle elles se couvraient réciproquement, les délivra de l'inquiétude d'être cernées et prises à dos. La confiance revint, et le combat se rétablit 2.

L'infériorité était grande encore du côté des Romains; mais ils avaient gagné du temps, et pour eux c'était tout. Déjà du haut de la colline, ils apercevaient les deux légions d'arrière-garde, qui servaient d'escorte aux équipages , accourir au pas de course , attirées par le cri des combattants. Bien plus, le lieutenant T. Labiénus, qui, à la tête de l'aile gauche romaine, avait repoussé les Atrébates au delà de la Sambre, qui les

1. Cœs., Bell. Gall., 11, 25. — Flor., m, 10. — Plut., Caes., 20. — App., Bell. Gall.,i, 4.

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