‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 109 sur 454 · Cses., Bell. Gall · texte numérisé non relu

Cses., Bell. Gall

avait battus une seconde fois et s'était emparé du camp des Belges, voyant, du haut de la colline opposée, ce qui se passai! au camp romain, détacha la dixième légion pour aller au secours de César. Cette légion , ayant appris des valets et des cavaliers fugitifs dans quel péril se trouvaient l'aile droite et le proconsul , accourut en toute diligence *.

L'arrivée de ces troupes fraîches changea complètement la situation des choses : les vaincus prirent l'offensive, et ce fut aux vainqueurs à se défendre. La force revint aux Romains avec le courage ; on vit dans leurs rangs les blessés, les moribonds même se soulever de terre, appuyés sur leurs boucliers, et combattre. De tous côtés à la fois , les troupes nerviennes furent assaillies. Les cavaliers romains , pour effacer la honte de leur fuite , se portaient avec fureur partout où ils pouvaient devancer les légions; il n'était pas jusqu'aux valets de troupe qui ramassaient des armes ou se jetaient désarmés sur les points où ils remarquaient du désordre 2.

Mais les Belges ne reculèrent point; ils ne mirent point bas les armes. Lorsqu'un soldat de leurs premiers rangs tombait, un autre prenait sa place et combattait sur son corps; les derniers qui restèrent debout lançaient encore leurs traits et renvoyaient aux Romains leurs propres javelots, du haut d'un monceau de cadavres. « De tels hommes, écrivait César en traçant le « tableau de cette journée, l'une des plus périlleuses de « sa vie, de tels hommes avaient pu entreprendre sans « témérité de franchir un large fleuve, de gravir des « bords escarpés, d'attaquer dans un lieu défavorable : la

1. Cœs., Bell. Gall., u, '20. — Plut., loc, cit. — App., ub. supr.

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