LIVRE V. — CHAPITRE I
elles devinrent la proie des soldats romains ; leur avarice 103 n'épargna ni les lieux sacrés, ni les lieux profanes, et le trésor de Bélen fut enlevé de son lac par des plongeurs. Toutefois la spoliation ne put pas être complète ; et lorsque, par la suite, la république s'empara des lacs sacrés des Tectosages et les vendit, les spéculateurs romains qui les desséchèrent y trouvèrent encore des masses considérables d'or et d'argent 1. Les anciens historiens varient sur la somme que le consul Cépion ramassa dans ce pillage; celui dont le sentiment est le plus généralement suivi, la fait montera cent dix mille livres pesant d'or et quinze cent mille d'argent2. Ce butin, suivant la loi romaine, devait appartenir à la république; mais le consul ne résista pas à la tentation de se l'approprier. Il imagina de le faire voiturer à Massalie, sous prétexte que c'était une place sûre et en communication fréquente avec Rome ; en même temps, il fit dresser sur la route une embuscade où l'escorte et les chariots tombèrent : l'escorte périt, et l'argent fut partagé entre lui et ses complices3.
L'année s'écoula sans de grands faits d'armes entre I05 Cépion et les hordes ; des forces considérables arrivèrent cependant de l'Italie, et le consul Cn. Manlius, qui succéda à celui-ci, voulut reprendre l'offensive et passa sur
1. 01 foûv Pwjxaïoi xpaxr,(javTc; tmv tôticov àTtéoovxo toc; XîfAva; Sr^-ocia, xaî twv à)vr,cra[j.£vcov rcoXXoi (auXouç eôpov <7Cpupr,),âT0'j; àpyupùù:. Strab., 1. iv, p. 188.
2. Just., xxxn, 3. — Orose l'évalue à cent mille livres pesant d'or et dix mille livres d'argent. — Strabon, d'après Posidonius, à quinze mille talents (85,500,000 francs). La position de l'ancien lac sacré de Tolose a donné lieu à de grandes discussions entre les érudits; l'opinion la plus probable le placerait dans le lieu où a été bâtie depuis l'église de Saint- Sernin. V. l'ouvrage de M. Dumége sur les antiquités des Pyrénées.