‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 12 sur 454 · Oros., v, 15. — Dion, fragm. supr. laud. — Gell., ni · texte numérisé non relu

Oros., v, 15. — Dion, fragm. supr. laud. — Gell., ni

105 la rive droite du Rhône. Le sénat, par une faute qui lui devint fatale, avait trouvé bon de partager le commandement à égalité entre l'ancien consul etle nouveau; et ce fut dans l'armée romaine une source de discoïdes. Cépion, qui se croyait supérieur à Manliusparla naissance et par l'expérience de la guerre, affichait envers son collègue les prétentions les plus hautaines; il voulut avoir son département séparé, camper, manœuvrer et combattre séparément. Cette mésintelligence ne fut pas longtemps un secret pour l'ennemi ; un de ses corps d'armée, composé des Kimris et des Ambrons, s'approcha du camp de Manlius, afin d'observer les mouvements des chefs et d'épier l'occasion favorable. Mais aussitôt Cépion, désireux d'enlever à son rival l'honneur d'une victoire qu'il croyait facile , changea de position, et vint placer son camp entre celui du consul et celui des hordes ; les deux armées romaines se trouvaient alors non loin du Rhône, sur la rive droite. La réconciliation apparente des deux généraux fit impression sur les Kimris; ils commencèrent à hésiter, et, suivant leur habitude, ils envoyèrent au consul un messager de paix. Pour arriver au camp de Manlius, il fallait, comme nous venons de le dire, traverser les quartiers de Cépion. Par une basse et ridicule jalousie, ce général, irrité de ce que les propositions n'étaient pas adressées à lui plutôt qu'à son collègue, arrêta au passage les députés, les injuria et les menaça même de la mort l.

Le récit de cet outrage remplit d'une violente colère les guerriers ambrons et kimris ; ils se rassemblèrent sur-le-champ, et, par un acte religieux qui préludait d'ordinaire chez les Kimris aux guerres à outrance et aux

1, Dion, fragm, Peiresc, xcvn,

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