Gœs., Bell. Gall., m, 6. — Dio, xxxix, 5. — Oros., vi
envoyèrent des ambassadeurs dans l'île de Bretagne pour demander du secours, et obtinrent quelques troupes auxiliaires. Ils adressèrent aussi à Grassus un message conçu en ces termes : « Si tu veux recouvrer tes compa- « gnons, rends-nous nos otages. »
Ces nouvelles parvinrent bientôt à César par les rapports de ses lieutenants; sans délai, il fit partir ses instructions qu'il devait suivre de près. Il recommandait d'enlever tous les navires gaulois qui se trouvaient à portée, de construire des galères sur la Loire, de faire une levée de rameurs dans la Province, de rassembler sur les lieux des matelots et des pilotes. En outre, comme il connaissait le caractère des Gaulois, fier, indépendant et aisément inflammable, craignantque l'insurrection ne gagnât toute l'Armorike et ne s'étendît même au delà, il ordonna à Crassus de se porter avec douze cohortes et une nombreuse cavalerie entre la Loire et la Garonne, pour contenir le pays, et d'entrer en Aquitaine, s'il en était besoin ; à Labiénus de conduire la majeure partie de la cavalerie sur le territoire des Trévires, que leur désertion à la bataille de la Sambre avait rendus très-suspects aux Romains, de visiter l'une après l'autre les cités voisines, en un mot de surveiller la Belgique ; à Q. TituriusSabinus de marcher à la tête de trois légions contre les Curiosolites, les Unelles et les Lexoves II confiait à D. Brutus le commandement de la flotte. Lui-même se réservait l'élite des troupes de terre et la guerre contre les Vénètes, qu'il regardait à bon droit comme l'âme du mouvement et la nation la plus redoutable de ces parages. A peine arrivé en Gaule, il prit avec son armée la route de leur territoire, ordonnant à la flotte de faire voile dans la même direction et de venir le rejoindre à la côte-