Caes., Bell. Gall., m
36 avaient fabriqué des faux bien affilées, fixées à de longues perches et assez semblablesà celles qu'on employait dans les sièges1: les soldats romains engageaient ces faux dans les cordages qui attachaient au màt les vergues des vaisseaux gaulois. Le navire ainsi saisi et accroché, ils forçaient de rames; les cordages cédant au tranchant du fer, la vergue tombait; alors le navire, qui n'avait de défense que par sa voile et sa mâture, perdait d'un seul coup tout moyen de résistance et d'action ; et l'affaire se trouvait réduite à un combat de pied ferme, où le légionnaire prenait aisément le dessus2.
A mesure qu'un vaisseau gaulois se trouvait ainsi dépouillé de ses agrès, il était entouré par deux ou trois galères ennemies, et les soldats romains se précipitaient à l'abordage. Un assez grand nombre ayant été pris par cette manœuvre, et les Armorikes ne voyant aucun moyen de s'en garantir, ils résolurent de rentrer au port. Mais la fort une même sembla prendre à tache de compléter leur défaite. Déjà leurs vaisseaux avaient tourné la poupe, pour prendre le vent arrière, lorsque tout à coup il survint un calme plat qui les rendit immobiles; les Romains purent alors les aborder successivement; presque tous furent enlevés, ou brûlés, ou coulés bas3; quelques-uns seulement, quand la nuit fut survenue, parvinrent à gagner la terre. Il y eut peu de prisonniers; une partie des équipages se jeta dans la mer pour échapper à la servitude ou à l'épée de l'ennemi 4.