‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 120 sur 454 · LIVRE VI. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE VI. — CHAPITRE I

Le combat avait duré depuis la quatrième heure1 jusqu'au 56 coucher du soleil2.

Cette bataille termina la guerre des Vénètes et des États maritimes de l'ouest; car toute la jeunesse, toute l'élite des nations armoricaines, avait péri avec la flotte. Ceux qui survivaient, sans navires, sans moyens de défense, ne poovant ni fuir, ni résister à un double siège, se rendirent à César. Mais ils ne trouvèrent dans ce Romain, dont les amis vantaient si haut la clémence, qu'un vainqueur barbare et sans pitié. Il fit expirer dans les supplices tous les membres de leur sénat3; et le reste de la population, vendu à l'enchère, alla, sous le fouet des trafiquants d'esclaves, garnir les marchés de la Province ou de l'Italie4.

A l'instant môme où le bruit de la défaite navale et de l'extermination du penple vénète se répandait dans les cités armoricaines , celui d'une seconde défaite non moins désastreuse porta au comble la douleur des Gaulois. On apprit que l'armée opposée à Titurius Sabinus dans le nord de l'Armorike venait d'être complètement détruite; et ce coup était d'autant plus accablant, que la situation des choses avait fait concevoir jusque-là de grandes espérances.

A l'époque où Sabinus, à la tête de trois légions, entra sur le territoire des Unelles, les Aulerkes, les Éburovikes et les Lexoves, suivant le traité d'alliance, s'armèrent avec empressement pour leur porter secours. Mais, au

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