LIVRE VI. — CHAPITRE I
Iaient que gagner du temps. Il continua sa marche, et n'était plus qu'à douze milles du camp germain, quand les députés revinrent avec la réponse de leurs nations ; ils le conjurèrent de. ne se point porter plus avant; el ne l'obtenant pas, ils insistèrent pour que du moins la cavalerie qui formait Favant-garde romaine s'abstînt de commencer les hostilités ce jour-là : « les Usipètes et les « Tencthères, disaient-ils, allaient députer vers les « Ubes; et, dans le cas où ce peuple consentirait à les « recevoir sous la foi du serment, ils s'engageaient à « accepter ce que César lui-même proposait. » Le proconsul répondit qu'il devait s'avancer ce jour-là encore quatre milles pour trouver de l'eau, et qu'il ne dépasserait pas ce terme ; il leur dit aussi de revenir en plus grand nombre le lendemain, afin de s'expliquer plus en détail sur ce qu'il convenait de faire. Ce fut donc une véritable trêve qu'il conclut avec eux1.
La cavalerie romaine était composée de cinq mille hommes ; dans le cours de la journée, elle rencontra un corps de huit cents cavaliers germains : les deux troupes engagèrent le combat. Les Romains prétendirent que les premiers coups n'étaient pas partis de leurs rangs, que l'ennemi était seul coupable de la violation de l'armistice; et leurs historiens, en conséquence, s'étudient à représenter les cavaliers germains comme des jeunes gens téméraires, insubordonnés, qui se seraient portés à cet acte de perfidie, malgré les conseils de leurs vieillards et l'ordre de leurs chefs. Mais en supposant à ces jeunes gens la témérité la plus insensée, quelle apparence y a-t-il que huit cents hommes fussent venus de gaieté de cœur se risquer contre cinq mille, et cela pour