Caes., Bell. Gall., îv
55 rompre des négociations qui, sincères ou feintes, étaient d'un si haut intérêt pour leurs compatriotes, et que ceux-ci avaient eu tant de peine à nouer? Quel que lût au reste l'agresseur, le combat s'engagea vivement. D'abord les Germains, suivant leur coutume, sautèrent à terre, et, l'épée au poing, se mirent à éventrer les chevaux et à tuer les cavaliers; ils jetèrent un grand désordre dans les rangs ennemis; mais ils auraient succombé inévitablement sous le nombre, si les auxiliaires .gaulois n'eussent fait brusquement volte-face, se sauvant à toute bride vers le camp. Ceux des Romains qui étaient déjà aux prises ou qui voulurent faire bonne contenance dans la retraite, eurent beaucoup à souffrir: la plupart furent blessés, soixante-quatorze périrent, et parmi ces derniers un Aquitain d'antique et illustre famille, dont l'aïeul avait été roi, et avait reçu du sénat romain le titre d'ami ; lui s'était fait Romain, il avait pris un patron romain, avec le nom de Pison, et commandait, sous César, un corps d'auxiliaires aquitains. Pison, voyant son frère enveloppé par un gros de Germains, lui porta secours et le dégagea; mais ayant eu son cbevàl tué sous lui, il fut renversé et percé de coups. Son frère, qui était déjà hors de la mêlée, l'ayant aperçu de loin, revint à son tour au milieu des ennemis et se fit tuer1. A l'aspect de sa cavalerie en pleine déroute, César fut transporté d'une violente colère. Dans le fond de son àme, il accusait de tout ce qui arrivait la mauvaise volonté ou, selon son expression, « l'inconstance » des Gaulois. Il voyait bien qu'au dehors l'intérêt des peuples belges se portait sur ses ennemis2, et, au milieu