Plut., in Sert
4. Nil praedae victor, nil misericordiae victus agnovit. Oros., v, 1G.
5. Vestis discissa et projecta est, aurum argentumque in flumen abjectum, loricœ virorum concisae, phalerae equorum disperditœ, équi ipsi gurgitibus immersi, homines laqueis collo iiiditis ex arboribus suspensi sunt. Id., ibid.
I05 mettait une partie de la Province à la discrétion des Kimris, ils en dévastèrent tout le littoral depuis le Rhône jusqu'aux Pyrénées '. On De sait ce que devinrent dans celte tempête les riches établissements massaliotes et italiens, et surtout Narbonne avec ses citoyens romains et ses édifices commencés. Arrivés au pied des Pyrénées 2, et voyant le passage de l'Espagne ouvert devant eux, les Kimris furent tentés d'y porter leurs armes; ils le firent en effet, tandis que le reste des hordes, attendant leur retour, dressait ses tentes dans quelque canton de la Gaule.
Il serait impossible de peindre la consternation de l'Italie au récit de ces désastres : la journée du Rhône, comme celle d' Allia, dont elle réveillait le souvenir, fut maudite et déclarée à jamais funeste. Dès la défaite de Carbon sous les Alpes noriques, l'imagination populaire s'était plu à se créer un tableau effrayant de ces hordes dévastatrices, de leur stature, de leur force, de leur irrésistible impétuosité; aujourd'hui que six armées romaines avaient comme disparu sous leurs pas, la réalité semblait surpasser les conceptions de la peur , et un morne abattement gagnait tous les esprits 3. Dans ces conjonctures, Rome crut pouvoir déroger aux formes les plus respectées de sa constitution 4; elle nomma au consulat un général absent, et, durant trois années, le maintint dans cette charge. C'était le célèbre Marius, homme d'un vaste génie, mais rude, violent, inflexible dans la
1. Vastatis omnibus quae inter Rhodanum et Pyrenaeum sunt. Liv. epit., lxvii.