Id., ibid
que la portée du trait pouvait la franchir. César ne jugea pas prudent d'y tenter le descente ; il attendit à l'ancre le reste de sa flotte; après avoir attendu en vain, il s'avança environ sept milles, jusqu'à une plage ouverte et unie l. Les Bretons, apercevant la direction que prenait l'ennemi, envoyèrent de ce côté leur cavalerie et leurs chariots ; eux-mêmes suivirent au pas de course et vinrent défendre l'abord de la côte. Ce qui gênait le plus le débarquement de la flotte romaine, c'était la hauteur des navires, que leur tirant d'eau forçait de s'arrêter au large et loin du rivage; il fallait que le soldat chargé du poids de ses armes, et ne connaissant pas la côte, tout à la fois s'élançât à l'eau, et fit tête aux vagues et à l'ennemi, tandis que les Bretons combattaient à pied sec, ou poussaient dans là mer leurs chevaux faits à cette manœuvre. Les premiers Bomainsqui se hasardèrent périrent; et les autres, découragés, ne marchaient plus qu'avec répugnance; César alors ordonna aux galères de se porter sur les flancs de l'escadre, le plus près qu'elles pourraient du rivage, et de faire jouer les frondes et les machines. Cette manœuvre s'exécuta, et une grêle nourrie de pierres, de flèches, de boulets de plomb, commença à battre des deux côtés l'armée bretonne; prise ainsi au dépourvu, et étonnée de la forme des galères, du mouvement des rames, de la nouveauté'des armes de jet, celleci s'arrêta et peu à peu céda du terrain. Cependant les Boinains hésitaient encore à débarquer, lorsque le porteenseigne de la dixième légion, élevant son étendard et criant d'une voix forte : « Suivez-moi, compagnons, si vous ne voulez pas livrer l'aigle aux Barbares2 1 » sepré-