‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 146 sur 454 · LIVRE VI. — CHAPITRE. II · texte numérisé non relu

LIVRE VI. — CHAPITRE. II

cipita à la mer; animés par cet exemple, tous descen- 55 dent des navires, et, plongés dans l'eau jusqu'aux épaules, l'épée haute, s'avancent vers l'ennemi. De part et d'autre, on combattit rudement. Les Bretons, à qui tous les basfonds étaient connus, accouraient contre les bataillons romains, et faisaient passer sur eux leurs chevaux et leurs chars1. Mais avec l'aide des galères et des chaloupes, et sous la protection des machines, les légions atteignirent enfin la terre, se formèrent en ligne, et par une charge impétueuse se rendirent maîtresses du rivage. Les derniers vaisseaux qui contenaient la cavalerie n'ayant pu ni tenir la route, ni aborder, César ne poursuivitpas plus loin son succès2.

Le lendemain, il vit arriver à lui Comm l'Atrébate et une députation des insulaires. Les chefs bretons, frappés de l'audace des Romains et de la puissance de leurs machines, avaient mis en liberté le roi gaulois et l'envoyaient pour traiter de la paix, s' excusant sur l'emportement de la multitude, et sollicitant le pardon de cette imprudente résistance. Le proconsul leur imposa des otages; ils en livrèrent tout de suite une partie, et promirent le reste sous quelques jours, comme ayant à les faire venir de contrées éloignées ; en attendant, ils licencièrent leurs troupes, et accoururent en foule dans le camp romain. C'était le quatrième jour depuis le débarquement, et enfin l'on apercevait en mer les dix-huit navires qui portaient la cavalerie de César : ils avaient fait voile par un vent frais, et touchaient presque à la plage, lorsqu'une tempête s'élevant subitement les dispersa, Les uns relâchèrent au port d'où ils étaient partis;

i. Caes., Bell. Gall., iv, 26.

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