‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 150 sur 454 · LIVRE VI. — CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

LIVRE VI. — CHAPITRE IL

otages commandés; l'expédition avait duré environ vingt 55 jours1.

Ce départ nocturne et précipité, de quelques raisons que César ait cherché à le colorer, fut regardé comme une fuite, en Gaule, à Rome même 2, mais surtout en Bretagne. La tradition poétique et historique des Kimris- Bretons en .perpétua religieusement le souvenir; elle raconta avec orgueil comment les Cèsariens 3 avaient abordé en conquérants l'île de Prydain, pour la quitter en fugitifs. « Ils disparurent, dit un vieux narrateur, ci comme disparaît sur le sable du rivage la neige qu'a « touchée le vent du midi 4. »

Le proconsul croyait son honneur engagé à tenter au 54 delà du détroit une seconde invasion; il ordonna à ses lieutenants d'en pousser les préparatifs avec vigueur, tandis qu'il allait en Italie faire proroger son commandement pour cinq autres années. A son retour en Gaule, il trouva vingt-huit galères complètement équipées, et six cents transports5 construits d'après le plan qu'il avait laissé, plus larges et moins hauts de bord que ceux dont il s'était servi précédemment, et tous en même temps à voiles et à rames, ce que leur peu de hauteur rendait aisé. Sur ces entrefaites, il lui vint de la Bretagne un prétexte qui secondait merveilleusement ses vues. Deux

1. Cges., Bell. Gall., iv, 25, 26, 27. — Dio, xxxix, p. 115. — Oros., vi, 9.

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