LIVRE VI. — CHAPITRE II
l'ancre sur une plage unie et tranquille. Après douze m milles de marche, il rencontra l'armée bretonne campée au bord d'une pelile rivière1, dont elle essaya de défendre le passage; repoussée par la cavalerie romaine, elle se retira au milieu des bois, dans l'enceinte d'un fort qui semblait avoir été construit jadis pendant les guerres civiles de l'île. Toutes les approches en étaient défendues par d'épais abatis d'arbres, derrière et autour desquels les Bretons combattaient disséminés : mais une des légions, ayant élevé une terrasse et formé la tortue, pénétra dans l'enceinte et força les assiégés à battre en retraite. Le matin du troisième jour, César se disposait à poursuivre les fuyards, lorsque des cavaliers partis du camp arrivèrent à toute bride lui annoncer qu'une grande tempête élevée la nuit précédente avait endommagé la flotte, et que, les ancres et les câbles n'ayant pu résister, tous les navires avaient été jetés à la côte2.
Il se mit en route sur-le-champ : quarante vaisseaux étaient hors de service, et le reste dans le plus mauvais état. Il prit donc des travailleurs dans les légions, en tira d'autres du continent, et manda à Labiénus de faire construire le plus de bâtiments possible par les légions qu'il commandait. Il ordonna ensuite de tirer tous les navires à sec et de les enfermer dans le camp retranché. Dix jours et dix nuits consécutifs furent employés à ces travaux. Les bâtiments mis à terre et le camp bien fortifié, il y laissa les mêmes troupes qu'auparavant, et retourna avec l'armée au lieu qu'il avait quitté, où il trouva les insulaires rassemblés en beaucoup ' plus grand
i. Probablement la rivière de Flotrr qui passe à Cantorbéry, et est éloignée de Douvres de quatre lieues.