‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 161 sur 454 · LIVRE VI. — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE VI. — CHAPITRE II

ordre serré, mais toujours par pelotons séparés, à grands 54 intervalles, ils conservaient en arrière des corps de réserve qui couvraient leur retraite, et remplaçaient par des troupes fraîches les troupes fatiguées. Le jour suivant, les Bretons se tinrent sur les hauteurs, se montrèrent peu et escarmouchèrent plus mollement. Mais César ayant détaché pour aller au fourrage trois légions et toute la cavalerie, ils reparurent subitement, et fondirent avec impétuosité sur les fourrageurs ; ils furent repoussés, et les cavaliers, se voyant soutenus de près par les légions, ne cessèrent de les poursuivre, sans leur donner le temps de s'arrêter, de se rallier, ou de descendre de leurs chariots; beaucoup furent tués. Après cette défaite, les renforts qui leur étaient venus de tous côtés se dispersèrent, et depuis ils n'essayèrent plus d'attaquer en corps d'armée1.

Dès que César s'aperçut que leur projet était de traîner la guerre en longueur, il marcha vers la Tamise, dans l'intention d'entrer sur les terres de Cassivellaun. Ce fleuve n'avait qu'un seul gué, et encore le passage y était très-difiîcile. Arrivé là, il vit les Bretons rangés en bataille sur l'autre rive que défendait une forte palissade de pieux fixés en terre; d'autres pieux étaient enfoncés dans le courant et cachés sous l'eau : César apprit ces détails des captifs et des transfuges. Il fit aussitôt porter en avant sa cavalerie, que les légions suivirent avec ardeur et célérité, quoique les fantassins eussent de l'eau jusqu'aux épaules. Les Bretons ne purent soutenir le choc, abandonnèrent la rive et se retirèrent. Cassivellaun, perdant tout espoir de disputer le terrain, prit le parti de renvoyer ses troupes, ne garda que quatre mille

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