Csos., Bell. Gall., v
hommes de ceux qui combattaient sur des chariots, et se mil ;'i côtoyer l'armée ennemie dans ses marches, s'éloignant peu des chemins,se tenant à couvert dans les bois et s'emparant des passages difficiles ; il faisait retirer les hommes et les troupeaux dans la profondeur des forêts, partout où César devait diriger sa route. Quand la cavalerie romaine s'écartait pour fourrager ou butiner, le chef breton, qui connaissait tous les sentiers et tous les détours, lançait sur elle ses chariots, et, forçant perpétuellement les Romains à des combats désavantageux, les contenait et les empêchait de s'étendre. Il en résultait pour eux une très-grande gêne, car ils ne pouvaient se procurer de subsistances qu'autant que l'armée se portait en masse sur le même point, et Cassivellaun, prenant alors les devants, ravageait et brûlait tout sur son passage : César se serait vu contraint de battre en retraite immédiatement et de quitter l'île, si les dissensions de ces peuples ne fussent heureusement venues à son secours1.
Il avait amené avec lui et gardait dans son camp le jeune Mandubrat, dont nous avons parlé plus haut. Dès son débarquement, Mandubrat avait envoyé des émissaires chez les Trinobantes pour les détacher de l'alliance de Cassivellaun et de la cause nationale. Ses sollicitations avaient d'abord échoué; elles finirent pourtant par réussir, et les Trinobantes proposèrent la paix aux Romains, s'ils voulaient leur rendre le fils de leur ancien roi afin qu'ils le plaçassent à leur tête. César accepta ce marché avec empressement : il eut dans Mandubrat un auxiliaire puissant et fidèle qui lui fournit des vivres et travailla à diviser ses ennemis. Gagnés par les intrigues du