LIVRE VI. — CHAPITRE II
traître, les peuples voisins, Cénimagnes, Ségontiakes, 54 Ancalites, Bibrokes, Casses, envoyèrent aussi des députés et se soumirent. Ces députés informèrent César que la ville de Cassivellaun était éloignée de quelques milles seulement : c'était, comme toutes les villes bretonnes, une enceinte entourée de bois et de marécages, et close par un rempart et un fossé ; à l'approche de l'ennemi, le peuple des campagnes s'y était réfugié, et elle renfermait un grand nombre d'hommes et de bestiaux. César y mena les légions et trouva la place défendue par sa situation et par les travaux; il y forma deux fronts d'attaque; les assiégés résistèrent d'abord; mais bientôt, ne pouvant soutenir l'effort des assiégeants, ils se jetèrent hors des retranchements par l'extrémité opposée: beaucoup furent pris ou tués dans la fuite1.
Tandis que ces choses se passaient, Cassiveilaun avait envoyé des ordres dans le pays de Cant, où régnaient quatre chefs, Cingétorix, Carville, Taximagule et Ségonax. Il leur recommandait de rassembler toutes leurs troupes et de faire diversion, en attaquant subitement le camp maritime des Romains ; mais dès qu'ils parurent, ceux-ci firent une sortie, les repoussèrent, prirent un des chefs de leur noblesse, nommé Lugotorix, et rentrèrent sans perte dans leur camp. Cassivellaun, à qui ces défaites réitérées, la dévastation de son pays, et surtout la désertion de ses alliés, faisaient perdre tout courage, se détermina à traiter de la paix par l'entremise de l'Atrébate Comm. César, pressentant un accommodement facile, accueillit ces ouvertures, exigea des otages, fixa le tribut annuel que la Bretagne paierait au peuple romain , et défendit à Cassivellaun tout acte