Aurum habet tolosanum. Id., ibid
102 sans éprouver beaucoup de résistance ; mais, ayant enfin trouvé chez les Celtibères une nation capable de leur tenir tête, ils jugèrent à propos de faire retraite, repassèrent les monts, et vinrent se rallier à leurs confédérés dans les plaines delà Gaule1. L'IIlyrie, la Gaule, l'Espagne, avaient donc été tour à tour la proie de ces bandes. De toutes les contrées de l'Occident, l'Italie seule avait échappé à leur avidité, et manquait à leur gloire : ils résolurent de l'envahir sans plus tarder, et par deux côtés à la fois, afin de diviser les forces ennemies et d'inspirer plus de terreur. Les Kimris, réunis aux ïigurins, se. dirigèrent vers les Alpes tridentines, â travers l'Helvétie et le Norique, taudis que les Ambrons et les Teutons se chargeaient de franchir les Alpes maritimes, après avoir balayé les légions qui gardaient la Province: le rendezvous général fut fixé sur les bords du Pô2.
Pendant ces mouvements des barbares, Marins, pour les observer de près, était accouru au confluent de l'Isère et du Rhône3. Voyant la division ambro-teutone descendre le fleuve, afin de gagner plus au midi la route de l'Italie, il rétrograda vers la mer, et plaça son camp de manière à couvrir en même temps les deux voies romaines qui, se croisante Arélate, conduisaient en Italie, l'une par les Alpes, l'autre par le littoral de la Ligurie. Il se retrancha dans cette position, fermement résolu à ne point se départir de la défensive, jusqu'à ce que l'occasion se présentât de combattre à coup sûr; il ne tarda pas à apercevoir l'avant-garde des Ambro-Teulons.
1. Ibi multa loca populati, a Celtiberis fugati sunt, revcrsique in Galliam, bellicosis se Teutonis conjunxerunt. Liv. epit., lxvii.