‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 18 sur 454 · LIVRE V.— CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE V.— CHAPITRE I

« Leur aspect, dit un historien, était hideux, leurs 102 cris effroyahles, leur nombre immense1, » lorsque, se déployant dans la campagne, ils vinrent ranger leurs chariots et dresser leurs tentes en face des retranchements romains. Impatients de l'inaction où le consul se tenait, ils ne cessaient de le provoquer, par toutes sortes de défis et d'outrages, à sortir de l'enceinte de ses palissades, pour se mesurer en plaine et à armes égales2; mais Marius se riait également et de leurs provocations et de leurs insultes personnelles. Un chef teuton s'avança un jour jusqu'aux portes de son camp, l'appelant nominativement à un combat singulier; Marius lui fit répondre que, s'il était las de vivre, il n'avait qu'à s'aller pendre3; et, comme le Teuton insistait, il lui envoya un gladiateur. Cependant ces outrages exaspéraient les légions, qui souvent voulaient courir aux armes; Marius les arrêtait : « Il ne s'agit pas ici, leur disait-il, de « triomphes à gagner, de trophées à élever ; il s'agit « d'empêcher cette tempête d'aller crever sur l'Italie. » On raconte que pour familiariser ses soldats avec l'aspect bizarre, les cris, l'armure, la tactique de l'ennemi, il les envoyait à tour de rôle sur les remparts, d'où l'œil plongeait dans les campements ambro -teutons4. Le jeune Sertorius, dont il à été question plus haut, lui rendit pendant ces jours d'inaction d'importants services : à l'aide de la langue gallique qu'il entendait et parlait couramment, et d'un déguisement gaulois, il s'introdui-

1. 'Eçouvovxo Tilrfiti ts «Tis'.foi xat S-JGTipoaooTiot xà eïSï), ç6ôyY0V t6 xai Oôpyêov oùx âxî'poïc o(j.oioi. Plut., in Mario, 15.

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