LIVRE VI. — CHAPITRE III
légions et marcha d'abord sur le territoire senonais. Ce- ^ pendant, comme il ne voulait pas que les députés assemblés délibérassent en son absence, il prorogea la session et la transféra de Samarobrive à Lutétia, chef-lieu des Parises ou Parisii1, situé dans une île de la Seine : ce petit peuple était proche voisin des Senons, avec lesquels il avait d'anciennes alliances : mais dans les circonstances présentes, il s'était séparé d'eux pour suivre le parti romain. César choisit la ville de Lutétia, parce qu'elle se trouvait également à proximité du territoire carnute, où il se proposait de passer après avoir châtié et réduit les Senons.
Tous les actes insurrectionnels de la nation senonaise, depuis l'expulsion de Cavarin jusqu'à celui qui excitait si violemment la colère de César, avaient été dirigés par Acco2, chef actif, entreprenant, en grand crédit dans sa cité et hors de' sa cité, et l'un des plus mortels ennemis que les Romains eussent dans la Gaule. Sitôt que le refus d'envoyer des représentants aux états avait été décidé officiellement par le conseil et le peuple, Acco avait fait publier l'ordre à la population des campagnes de se retirer dans les places fortifiées; mais la promptitude de César déconcerta ses mesures, et les Senons, pris au dépourvu, sévirent contraints de demander la paix. Le proconsul se montrait inflexible et voulait promener le fer et le feu sur leur territoire, lorsque le sénat éduen vint s'interposer, appuyant chaudement la cause d'un voisin et d'un vieil allié 3. Dans les dispositions où se trouvait la Gaule, César n'osa pas rejeter une
î. Concilium Lutetiam Parisiorum transfert. Caes., Bell. Gall., vi, 3.