‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 187 sur 454 · LIVRE VI. —CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE VI. —CHAPITRE III

à la garde des bagages, s'établit dans le fort d'Aduatika, 53 où les travaux du camp de Sabinus et d'Aurunculéius étaient encore presque intacts. César, en partant, annonça qu'il serait de retour au camp dans sept jours pour y faire la distribution des vivres, et recommanda expressément que la légion ne sortît point durant son absence1.

Alors commencèrent des scènes de désolation plus horribles que tout ce que le pays avait encore vu et souffert. Les légions, la hache à la main, perçaient les forêts; elles jetaient des ponts sur les marécages; elles égorgeaient dans ses dernières retraites la multitude fugitive. Mais cette chasse n'était pas sans fatigue et même sans danger pour le soldat romain. Les détachements séparés du gros de l'armée, les traîneurs, ou ceux qui s'écartaient à la recherche du butin, surpris, enveloppés, périssaient en assez grand nombre; et la nature du pays ne permettait pas aux Romains de marcher par grandes masses. Pour concilier la sûreté de ses soldats avec l'accomplissement de sa vengeance , César imagina un moyen dont l'idée seule eût révolté le conquérant le plus sauvage. II mit les Éburons hors la loi de l'humanité; il fit proclamer qu'il les livrait corps et biens au premier occupant. Il convia à cette proie les peuples voisins, déclarant que quiconque l'aiderait à exterminer cette race scélérate-, ennemie du peuple romain, serait compté au nombre des amis du peuple romain 3, et de

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